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D’un Holocauste à l’autre

Par HASSAN EL ARCH

Directeur de la Rédaction

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Nous l’avons dit dès le début de cette sale guerre sur Gaza et nous le redisons en ce cinquième mois de mort, d’annihilation et de génocide du peuple palestinien. Israël a un grand problème de mémoire. Si la psychiatrie s’appliquait aux États, le constat serait sans appel : le siège du pouvoir à Tel Aviv s’est installé, depuis le 7 octobre dernier, dans un état de schizophrénie terminale, doublée d’un delirium tremens extrêmement mortifère.

Israël inflige à la Palestine ce qu’avaient enduré les Juifs sous les Nazis pendant la deuxième Guerre mondiale. C’est un fait. Parce qu’elle a subi, il y a huit décennies, une Shoah sans précédent dans l’histoire de l’humanité, elle s’estime aujourd’hui en droit, à son tour, d’exterminer ses voisins après les avoir dépossédés de leurs terres, de leurs biens, de leur dignité, de leur liberté et de leurs rêves.

Pour Benyamin Netanyahu et ses faucons à la Knesset, le problème de la Palestine est qu’elle est pleine de Palestiniens ! L’annexion des territoires, le blocus et la mise sous séquestre des ressources devaient étrangler puis définitivement écœurer les millions de familles qui essaiment entre Gaza et la Cisjordanie. Mais cela ne règle pas la question posée par les pères fondateurs de l’État sioniste, Theodore Herzl d’abord puis David Ben Gourion.

Les parrains d’Israël en 1948, la Grande-Bretagne en tête, puis les États-Unis et l’Occident, ont tout fait depuis quatre-vingt ans pour redessiner cette partie du Proche-Orient à l’image des vœux de Tel Aviv. Peu importe que le droit international et la morale soient mis à la poubelle. Et peu importe que les Arabes et les Musulmans en Palestine soient, en fin de compte, éradiqués au bout de huit décennies. Un bon Palestinien est un Palestinien mort, ainsi raisonne Israël aujourd’hui, forte de l’appui de ses alliés.

Les Nations-Unies ? Un «machin», comme disait Charles De Gaulle. Il ne représente pas la communauté mondiale des 193 États qui le composent, ni même les 15 membres de son Conseil de Sécurité, mais juste les 5 grandes puissances qui en sont membres permanents avec droit de véto. Et avec ce droit «quasi-divin», les États-Unis usent de leur véto et dictent leur volonté à 188 pays. En quelques semaines, ils l’ont fait à trois reprises contre la Palestine dans autant de projets de résolution destinées à arracher un cessez-le-feu à Gaza. Le but ? Bien sûr laisser mourir le plus possible de Palestiniens avant d’envisager peut-être une trêve. Pas un cessez-le-feu. Juste une hypothétique trêve qui ne se profile guère d’ailleurs à l’approche du Ramadan.

Gardons en tête ce que même les aveugles voient : le problème de la Palestine est qu’elle est pleine de Palestiniens… Israël combat le Hamas ? La belle affaire ! Qui croirait encore à cette fable ? Benyamin Netanyahu combat et massacre les enfants de la Palestine parce qu’ils feront plus tard de futurs résistants opposés au rêve annexionniste du «Grand Israël». Il assassine les mères qui les enfantent. Il liquide les pères qui les élèvent sous le joug de l’occupation.

Près de 6 millions de Juifs ont été exterminés par les Nazis dans l’Holocauste. Israël rêve peut-être d’«équilibrer» les comptes en éradiquant autant de populations arabes dans son voisinage immédiat. Impossible ? Allez savoir !

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