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Ainsi fonctionne la démocratie

PAR HASSAN EL ARCH

Une grande partie de nos concitoyens a un problème avec l’argent des riches. La logique de leur raisonnement suggère qu’il ne peut exister de riches qui soient honnêtes ! Pour beaucoup, fortune rime avec opportunisme, opacité, zones d’ombre, sinon improbité, voire compromission.

Tout se passe, dans ce schéma de raisonnement, comme si les pauvres étaient exempts de ces maux et que les gens socialement et financièrement ordinaires étaient incapables de la moindre déviation morale. Le cliché a d’autant plus la vie dure qu’il se nourrit de frustrations vieilles comme le monde. Et qu’il vivra toujours tant que les hommes sont des hommes, c’est-à-dire de grands envieux devant l’Éternel.

Les récentes élections législatives, régionales et municipales en ont rappelé la réalité. Beaucoup d’élus riches sont «étiquetés» sans états d’âme parce qu’ils avaient les moyens d’aller chercher la victoire plus loin et plus fort que la moyenne des prétendants. Regardons ce qui se passe aujourd’hui autour de nous, en ces lendemains d’élections. Les urnes ont parlé. Une voix évidement audible de manières différentes selon le bord politique et partisan d’où l’on regarde le processus. Plébiscite pour les uns, tragi-comédie pour les autres. Triomphe de la libre expression par ici, achat des voix par là. Mais naturellement, ce sont toujours les perdants au scrutin qui crient au vol, invoquent la justice divine et désignent le camp du mal ! Une décennie entière sous chape PJDiste l’a démontré. Deux mandats, depuis 2012, pour lesquels une nouvelle alternance sonne le glas aujourd’hui d’une manière assez fracassante. L’usure est un phénomène aussi physique que psychologique !

Mais le PJD n’est pas seul dans ce schéma. Des formations comme le PPS, l’UC et autres «hizbicules» comme le PSU, le FFD et l’AFG, tous quasiment inaudibles sous le PJD, s’émeuvent maintenant de ce que le RNI ait fait banco à la consultation du 8 septembre. En aurait-il été autrement si le leader RNIste ne s’appelait pas Aziz Akhannouch ? Le parti de la Colombe aurait-il été ménagé par la Vox Populi si son président n’était pas ministre et magnat à la tête d’un grand empire industriel ?

D’où l’axiome posé dès le départ dans ce billet : une grande partie de nos concitoyens a un problème avec l’argent des riches. Toutes choses étant égales par ailleurs, un autre axiome peut être celui-ci : le respect des engagements et la reddition des comptes sont, par définition, des valeurs solubles dans toutes les couleurs partisanes. Alors, pourquoi pas le RNI aujourd’hui ? Jusqu’à preuve du contraire, ce parti regorge de patriotes au moins aussi compétents que chez la plupart des autres formations politiques du pays. Laissons donc la Colombe prendre son envol; on en reparlera demain. Ainsi fonctionne la démocratie !

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