Marrakech honore Jodie Foster : une ovation magistrale pour une carrière légendaire

La 22ème édition du Festival International du Film de Marrakech a consacré la deuxième soirée à l’hommage rendu à Jodie Foster, icône du cinéma mondial, actrice prodige, réalisatrice engagée et visage inoubliable de plusieurs générations de cinéphiles. Sur la scène du Palais des Congrès, les mots de grands maîtres du septième art ont résonné pour saluer une artiste rare, à la présence aussi puissante que lumineuse.
Le premier à prendre la parole a été Bong Joon-Ho, Président du jury, qui a livré un texte d’une grande finesse cinéphile. Le réalisateur sud-coréen a rappelé que «souvent, dans les films, nous sommes témoins de grands choix», citant l’exemple du «Silence des Agneaux» où Jonathan Demme renonce au flashback pour ne laisser apparaître que le visage de Jodie Foster, «envahi du traumatisme de son personnage». Il évoque également «Contact» où, face à un spectacle cosmique vertigineux, «ce qui reste le plus longtemps à l’écran, c’est le visage de Jodie Foster, rempli d’émerveillement», avant de rappeler qu’elle fut aussi le grand choix de «Taxi Driver», fondation même du film selon lui. Bong Joon-Ho a conclu en saluant une artiste «qui n’a jamais été simplement choisie, mais a toujours fait ses propres choix», avant d’introduire «la grande scénariste, réalisatrice et actrice Jodie Foster».
En recevant cet hommage, Jodie Foster a confié son émotion devant le public marocain. S’adressant à Bong Joon-Ho, elle a salué «le maître, le maestro», un artiste qu’elle décrit comme «inspirant, tendre, surprenant», dont les films «nous font connaître la beauté et la honte d’être humain». Dans un discours empreint d’humour et de sincérité, elle est revenue sur ses 60 ans de carrière, débutée enfant dans les années soixante, avant de traverser «L’âge d’or du cinéma américain des années 70, puis les décennies 80, 90 et 2000. Raconter des histoires». Interroger la fragilité humaine, créer des personnages qui nous ressemblent… «Le cinéma nous offre ces heures où nous pouvons rêver, respirer, vivre, appartenir profondément à une communauté», a déclaré Jodie Foster, visiblement très émue.
Un message vidéo du grand metteur en scène Martin Scorsese est venu compléter cette soirée exceptionnelle. Le réalisateur a rappelé combien Jodie Foster représentait une part essentielle de son parcours : «Rien n’effacera le souvenir de ta première entrée dans mon bureau, tu avais 8 ou 9 ans et tu étais déjà plus impliquée que quiconque dans le studio», s’est-il souvenu en référence à «Taxi Driver». Il a salué «une carrière unique, bâtie à tous les niveaux», exprimant son regret de ne pas être présent physiquement, avant de conclure : «Je te souhaite le meilleur et j’ai hâte de te revoir pour te le dire en personne».
LAIDIA FAHIM

