CROISSANCE

Pour le FMI, le Maroc s’est adapté de manière dynamique à la crise du «Covid-19»

L’économie marocaine a été l’une des «plus dynamiques à s’ajuster et s’adapter face aux contraintes mais aussi aux opportunités» posées par la crise liée à la pandémie du coronavirus. C’est la conviction de Jihad Azour, Directeur du Département MENA et Asie Centrale du FMI (Fonds Monétaire International). S’exprimant hier dimanche lors d’un point de presse autour des dernières perspectives de l’économie régionale établie par le FMI, le haut responsable a déclaré que le Royaume est aujourd’hui «l’un des pays les plus avancés dans la vaccination», dont le déploiement sera l’un des facteurs déterminants pour la reprise au niveau mondial. Il a aussi rappelé que le Maroc a fait face, l’an dernier, à deux chocs et non pas un seul, en l’occurrence la crise du «Covid-19» et la sécheresse qui a affecté l’économie, produisant une contraction assez forte comparée aux années précédentes.

«Cette année, grâce aux mesures que le gouvernement a mis en place en 2020, à la fois les mesures sanitaires mais aussi les mesures fiscales et monétaires, le Maroc a réussi à reprendre le chemin de la croissance», a indiqué Jihad Azour en réponse à une question de la MAP à Washington, siège du FMI. «Tant au niveau de la production, qu’au niveau social et bancaire, un certain nombre d’innovations ont permis d’améliorer la protection sociale en transférant le soutien du gouvernement à plus de 5 millions de familles à travers les applications bancaires», a-t-il notamment relevé.

Sur le front de la vaccination, volet jugé «critique» pour la reprise, l’institution financière internationale considère le Maroc comme étant l’un des pays les plus avancés. «C’est le pays africain le plus avancé. Et dans la région MENA, si l’on exclut les pays producteurs de pétrole du Golfe, le Maroc est également l’un des pays les plus avancés», a indiqué Jihad Azour. Selon le haut responsable, «l’ensemble de ces actions ont permis au Maroc de renforcer sa croissance pour cette année et aussi se mettre sur une trajectoire meilleure pour l’avenir, en vue de la reprise de la croissance, pour bâtir une économie plus intégrée et plus forte économiquement». Selon lui, le Royaume a pris en compte deux leçons de cette crise. Premièrement, l’importance du social, le gouvernement ayant lancé un grand chantier de réforme du système de protection sociale et a développé une série de mécanismes de protection pour les plus vulnérables. En parallèle, la gestion de la politique monétaire et de la politique de change par la Banque Centrale a permis de renforcer cette stabilité, ce qui a permis au Maroc d’aller sur le marché avec une émission qui était très positive et un soutien assez élevé de la part des investisseurs. Le Maroc a pu ainsi renforcer ses niveaux de réserves.

Interrogé sur les perspectives de partenariat entre le FMI avec le Maroc, Jihad Azour a évoqué un «partenariat historique», précisant que «Nous avons accompagné l’ensemble des réformes qui ont été mises en place par le Maroc au cours des dix dernières années. Nous continuons à travailler main dans la main, à la fois sur les questions liées aux réformes, que ce soit sous forme de programmes, mais aussi sous forme d’assistance technique». Et de rappeler que les Réunions annuelles du FMI et de la Banque Mondiale auront lieu au Maroc l’année prochaine : «ce sera donc une occasion pour l’économie et la société marocaines de montrer leur capacité de résilience et leur potentiel de croissance».

Rappelons que dans son dernier rapport semestriel sur les perspectives de l’économie mondiale, publié cette semaine, le FMI table, pour l’économie marocaine, sur un taux de croissance de 4,5% en 2021 et de 3,9% pour 2022. Au niveau régional, la croissance du PIB dans la région MENA devrait remonter à 4% en 2021, soit une amélioration de 0,9 point de pourcentage par rapport à octobre 2020. Dans ses perspectives, le FMI estime aussi qu’un an après le début de la pandémie du coronavirus, le chemin vers la reprise économique en 2021 devrait être long et différer d’un pays à l’autre. «Les perspectives varieront considérablement en fonction de la trajectoire de la pandémie, du déploiement des vaccins, des fragilités sous-jacentes, de l’exposition au tourisme et aux secteurs à forte intensité de contacts, et enfin de la marge de manœuvre et des interventions gouvernementales», selon le document du FMI.

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