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CONJONCTURE

La reprise économique au Maroc est bel et bien au rendez-vous

S’appuyant sur l’évolution de la conjoncture économique actuelle, Bank Al-Maghrib, a décidé le 21 décembre dernier de maintenir ses taux directeurs inchangés. La Direction des Études et des Prévisions Financières, relevant du ministère de l’Économie et des Finances, relève un regain de dynamisme qui a caractérisé l’activité économique du Maroc, cette année, avec une croissance du PIB d’environ 6,7% à fin 2021.

L’économie marocaine récupère assez bien et plus tôt que prévu ! En effet, après avoir analysé l’évolution de la conjoncture nationale et internationale ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme, Bank Al-Maghrib a, en effet, noté que l’activité économique a affiché un rétablissement significatif durant l’année 2021. La majorité des activités concernées par la reprise. «L’économie nationale a montré des signes de reprise dès le second trimestre 2021, enregistrant un net rebond de 15,2%», annonce la Direction des Études et des Prévisions Financières, relevant du ministère de l’Économie et des Finances, dans sa publication économique mensuelle du mois de décembre.

Performances agricoles

Cette reprise survient à la faveur des avancées enregistrées en matière de vaccination, des mesures de relance engagées et des résultats très positifs de la campagne agricole. Selon Banque Al-Maghrib, «cet élan de reprise a concerné la quasi-majorité des activités économiques bien qu’à des rythmes différenciés». Sur le plan sectoriel, plusieurs branches d’activité ont réussi, courant de cette année, à stabiliser leur rythme de progression et pour certaines de retrouver leur dynamisme d’activité d’avant la crise. Ainsi, la campagne agricole 2020-2021 est considérée parmi les meilleures campagnes de ces dix dernières années. «La valeur ajoutée agricole au titre de l’année 2021 atteindrait 130 milliards de DH, en hausse de 18%», estime la DEPF. Et d’ajouter que «sur le plan des exportations du secteur de l’agriculture et agro-alimentaire, leur valeur s’est accrue de 9,1%, au terme des dix premiers mois de 2021, pour atteindre 56,3 milliards de DH, incorporant un renforcement des ventes à l’étranger de l’industrie alimentaire de 10,7% et des produits d’agriculture, sylviculture et chasse de 7%».

S’agissant du secteur minier, «l’indice de production a enregistré une hausse de 5,8% au 3ème trimestre 2021, portant sa croissance au terme des neuf premiers mois de 2021 à +3,6%», indique-t-on auprès de la Banque Centrale. Cette évolution est en ligne avec la hausse de la production de phosphate roche, principale composante du secteur, de 5,7% au 3ème trimestre 2021. Au cours du mois d’octobre 2021, le secteur des phosphates et dérivés a enregistré une hausse de la valeur de ses exportations de 74,3%, suite au raffermissement des expéditions de phosphate roche de 57,3% et de celles de ses dérivés de 82%. Au terme des dix premiers mois de 2021, le chiffre d’affaires à l’export du groupe OCP s’est consolidé de 47,2%, pour atteindre 61,2 milliards de DH. Le secteur du BTP, de son côté, préserve une évolution favorable, avancent les économistes de la DEPF. Les ventes de ciment, indicateur phare du secteur, se sont raffermies de 15,6% à fin novembre 2021, après une baisse de 11,6% un an auparavant.

Et la demande intérieure ?

Concernant le tourisme, ce secteur affiche des indicateurs en deçà de leur niveau pré-pandémie, bien qu’ils semblent positifs. La note de la DEPF explique qu’après «une hausse notable de 201% au titre du 3ème trimestre 2021 qui a coïncidé avec la réouverture des frontières nationales, les recettes touristiques ont maintenu leur évolution positive au cours du mois d’octobre 2021, enregistrant un accroissement de 58,5%». Ainsi, de juin à octobre 2021, les recettes touristiques se sont élevées à 21,1 milliards de DH après respectivement 8,9 milliards et 38,5 milliards de DH durant la même période des années 2020 et 2019. Au terme des dix premiers mois de 2021, la baisse de ces recettes a été contenue à -0,7% pour s’établir à 28,5 milliards de DH. En comparaison avec leur niveau d’avant la crise, les recettes touristiques ont reculé de 57,4% ou de 38,5 milliards DH.

De son côté, la demande intérieure connaît une poursuite de la progression du pouvoir d’achat des ménages, favorisée par l’amélioration des revenus. «Cette évolution est générée par les bons résultats de la campagne agricole, l’importance des transferts des MRE (+43,3% à fin octobre), la consolidation de la reprise des créations d’emplois et la progression des crédits à la consommation, et ce, dans un contexte d’inflation modérée (1,3% en moyenne sur les 11 premiers mois)», révèle la note de conjoncture. La même vigueur se dessine au niveau de l’investissement, stimulé par la hausse des importations des biens d’équipement, l’amélioration des recettes des investissements directs étrangers, l’accroissement de l’investissement budgétaire et la dynamique de créations d’entreprises.

Rebond de plus de 6% prévu pour le PIB

La note de la DEPF jette un intéressant éclairage sur la situation des échanges extérieurs du Royaume. Sur ce plan, les exportations ont dépassé leur niveau d’avant crise de près de 10%. Cette performance concerne l’ensemble des secteurs, plus particulièrement celui des phosphates et dérivés, de l’automobile, de l’industrie alimentaire et celui de l’électronique et électrique. Par contre, le rythme de progression des importations a dépassé celui des exportations générant un accroissement du déficit commercial de 26,6% et une légère baisse du taux de couverture (-1,1 point à 61,3%). Dans ce contexte, les Avoirs Officiels de Réserve maintiennent leur niveau permettant de couvrir plus de sept mois d’importations de biens et services. Globalement, Banque Al Maghrib estime que «les perspectives de clôture de l’année 2021 s’annoncent favorables et l’économie nationale devrait terminer l’année 2021 avec un rebond du PIB, en volume, aux alentours de 6,7 %. Une telle progression permettrait au PIB de récupérer 99,5% de son niveau pré-«Covid-19», enregistrant ainsi l’un des meilleurs taux de croissance de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord». En d’autres termes, la récession et les effets de la crise seraient presque effacés en totalité, bien que certains secteurs clefs de l’économie subissent encore les effets néfastes de la crise, à l’instar du tourisme et des activités qui s’y rapportent, et le transport aérien. «Si la reprise qui s’annonce est bien réelle, les risques qui l’entourent pourraient toutefois freiner cette dynamique de l’économie. Parmi ces risques, figurent notamment l’apparition de nouveaux variants du «Covid-19», des perturbations de la chaîne d’approvisionnement sur la production industrielle et la hausse des cours mondiaux des matières premières, éléments qui alimentent temporairement les tensions inflationnistes», a conclu la DEPF.

E. D.

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