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RAPPORT

La Banque Mondiale plébiscite les industries culturelles et créatives au Maroc

Les industries culturelles et créatives (ICC) au Maroc affichent une dynamique de croissance plus forte que ce qui avait été anticipé. C’est ce qu’indique un rapport publié hier par le Groupe Banque Mondiale, à travers sa filiale Société Financière Internationale.

Les ICC marocaines ont généré des dizaines de milliers d’emplois au cours des dernières années , dépassant les secteurs de la santé et des services financiers, produisant près de 50 milliards de DH de revenu, apprend-on dans le rapport intitulé «Évaluation des industries créatives et culturelles au Maroc : défis du marché, opportunités et recommandations».

L’effet catalyseur du Mondial 2030

«Le secteur se distingue par sa contribution à l’inclusion économique : les femmes y occupent 34% des emplois et les ICC constituent un vecteur majeur d’insertion pour les jeunes», indique l’étude de la SFI, qui relève que plusieurs filières à fort potentiel, notamment la mode et le design, les événements et arts vivants ont vu leurs revenus multipliés par plus de deux, sans parler du patrimoine et du tourisme culturel (+31%) ainsi que des métiers de l’art (+18%).

Le rapport souligne également l’effet catalyseur que représente la co-organisation de la Coupe du Monde 2030 pour accélérer l’internationalisation du secteur et attirer des investissements, notamment dans l’audiovisuel.

Parmi les recommandations que renferme l’étude, figurent l’élaboration d’une stratégie nationale dédiée aux ICC, le développement de réseaux d’incubateurs et de hubs créatifs, la mise en place de mécanismes de financement adossés à la propriété intellectuelle, le renforcement du cadre juridique et de gouvernance, ainsi que l’accompagnement des entreprises créatives en matière de structuration financière. «Les industries créatives et culturelles du Maroc s’imposent comme l’un des moteurs de croissance les plus dynamiques du pays», commente David Tinel, Manager Régional de la SFI pour le Maghreb, cité dans le rapport.

Un secteur porteur de promesses

De son côté, Neïla Tazi (photo), fondatrice et Présidente d’honneur de la Fédération des Industries Culturelles et Créatives, estime que ce secteur est «porteur de promesses et s’affirme déjà comme une réalité économique en construction. Cette étude fournit un socle solide pour ancrer pleinement les ICC dans l’agenda des politiques publiques. Elle consacre un véritable changement de regard, désormais porté par une nouvelle génération d’acteurs», indique Neïla, citée à son tour dans le rapport de la SFI.

Pour sa part, Amal Idrissi, Directrice Exécutive de l’Observatoire Marocain de la Très Petite, Petite et Moyenne Entreprise, estime que cette étude illustre l’importance de s’appuyer sur les données administratives et au niveau des entreprises pour mieux comprendre les secteurs émergents tels que les industries culturelles et créatives. «En mobilisant son infrastructure de données, l’Observatoire contribue à fournir une évaluation robuste et objective du poids économique du secteur, de la dynamique de l’emploi et des défis de financement, soutenant ainsi des politiques publiques plus ciblées», a-t-elle précisé.

Quant à Said Jabrani, Directeur Général de l’institution financière Tamwilcom, également cité dans le rapport de la SFI, il a expliqué : «Les industries culturelles et créatives constituent un secteur à forte valeur ajoutée, tant sur le plan économique qu’en termes de rayonnement international pour notre pays».

À souligner que la filiale du Groupe Banque Mondiale a mis en avant la contribution du Haut Commissariat au Plan (HCP) à cette évaluation «à travers un cadre méthodologique robuste, la mobilisation de données statistiques officielles et un appui technique dédié pour mieux définir et analyser le périmètre et la dynamique des industries culturelles et créatives du Maroc». (Photo : lnt.ma).

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