Michael Dreher est formel : le Maroc est une terre de storytelling, une force narrative en déperdition ailleurs

Le Maroc est «une terre de storytelling» où la culture du récit demeure vivante, à l’heure où d’autres pays ont perdu cette force narrative. C’est ce qu’a déclaré le producteur allemand Michael Dreher, qui participe à une rencontre de l’European Film Market, l’événement professionnel B2B du 76ème Festival International du Film de Berlin, du 12 au 22 février courant.
Pour le cinéaste allemand, cette singularité tient au fait que la figure du «storyteller» conserve au Maroc une place centrale dans la société, évoquant à cet égard la place Jamaa El-Fna à Marrakech, où des cercles continuent de se former autour de conteurs qui ont encore des histoires à partager. Selon lui, cette vitalité narrative constitue un atout majeur à un moment où certaines nations peinent à préserver leur propre récit collectif. Le Maroc, estime-t-il, conserve au contraire cette énergie et cette capacité à produire des histoires ancrées dans son identité.
Le producteur allemand considère que cette dimension pourrait prendre une ampleur nouvelle à l’horizon 2030. La co-organisation de la Coupe du Monde fera que «l’attention globale sur le Maroc va beaucoup s’accentuer», a-t-il relevé dans une déclaration à la MAP. Dès lors, «À cette occasion, le monde aura les yeux rivés sur le Royaume et s’intéressera davantage à son histoire et à son évolution au fil des siècles», a ajouté le producteur international, qui a coproduit plusieurs projets avec des producteurs marocains.
Michael Dreher a par ailleurs insisté sur la situation géographique «vraiment unique dans le monde» du Maroc, qui est situé à la croisée du monde arabe, de l’Afrique et de l’Europe, séparé du continent européen par «une frontière très claire, tout en y étant extrêmement proche». Selon lui, cette position géographique, qui fait du Maroc un carrefour et un espace de rencontre et d’échange, ainsi que l’ouverture du pays, lui confèrent un potentiel narratif exceptionnel pour des œuvres cinématographiques.
Le professionnel allemand du 7ème Art se dit «toujours très impressionné» par la qualité des techniciens marocains et le professionnalisme de l’ensemble de l’écosystème cinématographique dans le Royaume. Il estime que les techniciens et les artistes marocains sont «Top-notch dans le monde», saluant au passage leur patience et leur engagement collectif et qualifiant l’expérience de tournage dans le Royaume d’ «unique».
Michael Dreher a participé, aux côtés d’un panel de producteurs marocains et internationaux aux «Berlinale Series Market», volet consacré aux séries internationales de l’European Film Market, où plusieurs séries marocaines ou coproduites au Maroc ont été présentées à des fins de diffusion et de commercialisation à l’international.



