Démarrage de la Société Marocaine du Lipœdème et des Pathologies Associées

À l’initiative du Dr Fahd Benslimane, chirurgien plasticien à Casablanca, une nouvelle association scientifique a vu le jour, consacrée à la reconnaissance et à l’amélioration de la prise en charge du lipœdème.
Cette maladie atteint presque exclusivement les femmes. Elle se caractérise par une accumulation anormale et symétrique de graisse pathologique, essentiellement sur les jambes, provoquant douleurs, gonflements et altération de la mobilité. Les bras peuvent également être touchés.
Souvent incomprises et confrontées à l’inefficacité des régimes, les patientes subissent un impact psychologique majeur pouvant aller jusqu’à la dépression.
Une première au Maroc
The Moroccan Society of Lipoedema & Associated Pathologies (MOSLIPOD) également dénommée Société Marocaine du Lipœdème et des Pathologies Associées, a été officiellement créée le 31 décembre dernier Cette société savante a pour objectif de promouvoir la reconnaissance du lipœdème, d’optimiser sa prise en charge médicale et chirurgicale, et de contribuer au développement de la recherche scientifique dans ce domaine.
Le lipœdème, reconnu par l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 1945 comme une maladie invalidante, concerne près d’une femme sur dix. Pourtant, cette pathologie reste encore largement méconnue, trop souvent assimilée à tort à de l’obésité ou à de simples troubles circulatoires, retardant ainsi le diagnostic et la prise en charge des patientes.
«Le lipoedème est une maladie réelle, douloureuse et invalidante. Notre mission est d’unir la science et la formation pour mieux la comprendre et la traiter», explique le Dr Fahd Benslimane, Président fondateur de MOSLIPOD.
Une approche intégrative et précoce
MOSLIPOD défend une approche globale, préventive et fonctionnelle du traitement du lipoedème. Pour stopper l’évolution de la maladie et soulager les patientes, elle recommande une prise en charge multidisciplinaire, associant :
– Port de bas de contention.
– Activité physique adaptée.
– Drainage lymphatique manuel, pressothérapie et cryothérapie.
– Alimentation anti-inflammatoire.
Lorsque la maladie atteint des stades avancés, l’aspiration de la graisse pathologique devient nécessaire. «Notre rôle ne se résume pas à enlever la graisse comme dans le cas de la liposuccion. Nous traitons la douleur, la fatigue et redonnons aux femmes confort, confiance et liberté de mouvement», souligne le Dr Fahd Benslimane.
Informer, former, agir…
MOSLIPOD agit sur trois axes fondamentaux :
– Informer le public et les patientes grâce à des campagnes de sensibilisation et des supports pédagogiques.
– Former les professionnels de santé, à travers des séminaires, ateliers pratiques et recommandations cliniques.
– Agir auprès des autorités de santé pour faire reconnaître le lipoedème comme un enjeu de santé publique.
Donner une voix aux femmes concernées
Le lipoedème n’est pas seulement une maladie du corps : c’est aussi une épreuve psychologique. Les patientes pensent initialement souffrir d’un simple excès de poids. Elles entreprennent des régimes stricts et une activité physique mais sans aucun impact sur les régions affectées. Cette absence de résultats crée une profonde frustration, accentuée par les remarques culpabilisantes de l’entourage, qui les pousse à «manger moins» ou à faire davantage de sport, renforçant ainsi leur sentiment d’échec et d’isolement.
Souvent invisibilisées, incomprises ou mal orientées, de nombreuses patientes vivent avec douleur et culpabilité. MOSLIPOD veut inverser cette réalité, en donnant une voix aux femmes et en plaçant la qualité de vie au cœur du parcours de soin.
«Nous voulons faire du Maroc un pays pilote dans la reconnaissance du lipoedème, en alliant excellence médicale et approche humaine», affirme le Pr Jaafar Heikel, vice-président de la société.
Une société savante, un levier de changement
Par sa création, MOSLIPOD vient combler un vide dans le paysage médical marocain. Elle ambitionne de devenir un acteur stratégique de santé publique, mais aussi un symbole d’espoir pour des milliers de femmes qui souffrent en silence.



