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CONSOMMATION

Huiles de table : voilà pourquoi les prix ont flambé

Le Conseil de la Concurrence vient d’émettre un avis relatif à l’examen du respect des règles d’une concurrence libre et loyale par les producteurs et importateurs des huiles de table suite aux augmentations des prix de vente constatées sur le marché national, dans lequel il met en avant les facteurs explicatifs de cette hausse.

Les résultats de l’étude menée dans le cadre de cet avis émis par le Conseil, qui a été saisi par le Président de la Chambre des Représentants, ont permis de conclure que les augmentations des prix de vente des huiles de table, enregistrées sur le marché national, s’expliquent par la conjonction de facteurs objectifs liés à la structure du marché lui-même et aux évolutions du marché extérieur dont il est dépendant. Ainsi, parmi les facteurs explicatifs liés au marché lui même, le Conseil fait état d’un amont agricole de la filière oléagineuse presque inexistant. Le Maroc connaît un déficit structurel en termes de matière première utilisée pour la fabrication des huiles de table. «Près de 98,7% des besoins domestiques du pays sont importés, essentiellement sous forme d’huiles brutes et seuls 1,3% sont couverts par les graines produites localement», fait observer le Conseil. Celui-ci cite également une activité de transformation marquée par une quasi-absence de la trituration. «En termes de valorisation des graines oléagineuses, l’activité de trituration est portée par deux opérateurs : Lesieur Cristal, qui est l’opérateur historique avec son unité de trituration de Casablanca, et le groupe HSB avec son unité d’Aïn Taoujdate, dans la région de Meknès», note le Conseil.

Le Conseil de la Concurrence souligne que trois pays ou groupement de pays concentrent la quasi-totalité des importations du Maroc en huiles brutes. «L’approvisionnement en huiles brutes est concentré au niveau de trois pays ou groupement de pays qui constituent à eux seuls près de 95% des importations. L’Union Européenne représente 54%, suivie de l’Argentine avec près de 34%, puis des États-Unis avec environ 7%».

S’agissant des facteurs explicatifs liés au marché extérieur, le Conseil met l’accent sur les cours mondiaux des huiles brutes en forte augmentation depuis le début de l’allègement des mesures de confinement liées à la pandémie du «Covid-19» et les coûts de matières premières aggravés par la hausse concomitante du prix de l’énergie et du transport. «La tendance haussière des cours mondiaux des huiles brutes est accentuée par la récente forte augmentation des tarifs de l’énergie, du fret maritime et du transport de marchandises au niveau mondial, en raison du redémarrage rapide et simultané de l’économie mondiale, caractérisé par une hausse importante de la demande, une pénurie des conteneurs et une congestion des ports», fait remarquer le Conseil. Celui-ci évoque aussi la corrélation entre les prix de vente du marché national et les cours mondiaux des matières ainsi que les changements dans l’application des prix de vente des huiles de table à la sortie d’usine.

A. A.

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