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SANTÉ

Vers une nouvelle approche dans la prise en charge du diabète de type 2

Tanger a accueilli, du 26 au 29 mars dernier, la 3ème édition du Congrès National du Diabète, organisé par la Société Marocaine de Diabétologie (SMD). Cet événement a constitué un espace scientifique de haut niveau, réunissant une élite de spécialistes et d’experts marocains et internationaux, et offrant une plateforme d’échange sur les dernières avancées scientifiques en matière de prévention, de diagnostic et de prise en charge du diabète, ainsi que sur les stratégies thérapeutiques les plus récentes.

Les maladies non transmissibles figurent parmi les principaux défis de santé publique au Maroc, contribuant à près de 85% de la mortalité totale au niveau national. Le diabète de type 2 se situe au premier rang de ces défis, non pas en tant que maladie isolée, mais comme composante d’un système de santé complexe et interconnecté englobant les maladies cardiovasculaires, les maladies rénales et le syndrome métabolique.

Au Maroc, environ 2,9 millions d’adultes âgés de 20 à 79 ans vivent avec le diabète. Plus préoccupant encore, près de 31,7% de ces cas demeurent non diagnostiqués, augmentant ainsi les risques de complications graves, notamment l’insuffisance rénale et les maladies cardiovasculaires.

Le lien entre le diabète, la santé cardiovasculaire et rénale

Les participants au congrès ont confirmé, à travers les présentations et les discussions qui ont jalonné ses travaux, l’existence de liens causaux étroits entre le diabète de type 2 et l’apparition et la progression d’un large spectre de complications touchant les organes vitaux, en particulier le cœur, les vaisseaux sanguins et les reins.

Les interventions des experts ont mis en évidence que les données épidémiologiques et cliniques confirment que les maladies cardiovasculaires contribuent à hauteur de 38% de la mortalité totale au Maroc, et que 6,5% de la population souffre des conséquences des maladies rénales chroniques. Ces pathologies figurent parmi les principales causes de mortalité et d’invalidité chez les patients atteints de diabète de type 2, auxquelles s’ajoutent les effets négatifs de ces complications sur la qualité de vie des patients.

Les participants ont précisé que la relation entre le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires et rénales n’est pas une simple coïncidence, mais un lien causal étroit et complexe formant un véritable cercle vicieux. D’un côté, le diabète de type 2 augmente significativement le risque de décès par maladies cardiovasculaires et accélère la détérioration de la fonction rénale ; de l’autre, tout dysfonctionnement du système cardiaque ou rénal influe directement sur l’évolution du diabète. Ces complications se développent souvent de façon silencieuse, sans symptômes apparents dans leurs phases initiales, rendant ainsi une intervention précoce indispensable.

Fort de ces constats, les congressistes ont conclu que le traitement ne doit pas se limiter au seul contrôle de la glycémie, mais nécessite l’adoption d’une approche globale et intégrée, à la fois thérapeutique et préventive, visant à protéger les organes vitaux du patient et à prévenir le cercle vicieux de la détérioration mutuelle.

Témoignages d’experts : vers des standards thérapeutiques plus globaux

Dans ce contexte, le Pr Jamal Belkhadir, Président de la Ligue Marocaine de Lutte contre le Diabète, a axé son intervention sur les importants bénéfices cliniques des innovations thérapeutiques modernes. Il a déclaré : «L’association Empagliflozine-Metformine a démontré une efficacité élevée dans la réduction de l’«HbA1c», pouvant atteindre jusqu’à 4,6% chez les patients présentant des valeurs initiales très élevées, offrant ainsi un meilleur contrôle glycémique dès les premiers mois de traitement. Cette association combine deux mécanismes d’action complémentaires, permettant non seulement de réduire l’«HbA1c», mais aussi de diminuer le poids, la glycémie à jeun et d’assurer une protection cardiovasculaire et rénale pour les patients atteints de diabète de type 2, la rendant ainsi conforme aux orientations modernes qui placent la protection des organes vitaux au cœur des stratégies thérapeutiques».

«Cette association permet également un meilleur contrôle glycémique dès les premiers mois du traitement, et se distingue par son effet positif sur le poids et son amélioration de l’observance thérapeutique des patients, renforçant ainsi l’efficacité globale de la prise en charge».

Le Pr Jamal Belkhadir a précisé que cette association contribue également à améliorer l’observance thérapeutique des patients atteints de diabète de type 2, soulignant qu’une amélioration de seulement 10% de l’adhésion au traitement peut entraîner une réduction supplémentaire de 0,1% de l’«HbA1c», renforçant ainsi l’efficacité globale de la prise en charge, tout en évitant un risque d’hypoglycémie.

Pour sa part, la Dr Sonia Abahou, Présidente de la Société Marocaine de Diabétologie, elle a souligné que les recommandations de l’American Diabetes Association (ADA) 2026 insistent sur la nécessité d’initier une bithérapie lorsque le taux d’HbA1c (hémoglobine glyquée) dépasse l’objectif glycémique personnalisé de 1,5% à 2%, afin d’obtenir un contrôle glycémique plus rapide et plus durable. Elle a également fait référence aux dernières recommandations du «NICE 2026», qui préconisent l’utilisation des inhibiteurs du «SGLT2» chez tous les profils de patients atteints de diabète de type 2, qu’ils présentent ou non des comorbidités, notamment une obésité, une maladie rénale chronique, un diabète précoce survenu avant l’âge de 40 ans, une insuffisance cardiaque ou une maladie cardiovasculaire athérosclérotique. Ces recommandations confirment ainsi le caractère universel et transversal de cette classe thérapeutique dans la prise en charge du diabète de type 2.

Améliorer la qualité de vie des patients

La Dr Sonia Abahou a aussi mis en avant les dimensions humaines et pratiques des innovations thérapeutiques présentées lors du congrès : «Parmi ce qui a marqué cette édition, le lancement de la première association fixe «iSGLT2», présentée sous la DCI Empagliflozine-Metformine, en marge du Congrès National de la Société Marocaine de Diabétologie. Il s’agit d’une nouvelle innovation scientifique qui répond efficacement aux besoins de différents profils de patients atteints de diabète de type 2. L’objectif suprême que nous visons avec ce type de traitements innovants est d’améliorer la qualité de vie des patients et de leur offrir une protection globale contre les risques de complications intriquées, ce qui conduit nécessairement à une réduction des hospitalisations. «Ces innovations sont également susceptibles d’alléger la charge financière du traitement et de le rendre accessible au plus grand nombre de patients», a-t-elle souligné, en précisant que la vision de la Société s’étend à faciliter l’accès des patients à des traitements efficaces les protégeant de l’invalidité physique et des conséquences économiques de la maladie.

Dans le même contexte, le Dr Mohamed Lamari, Business Unit Head Northwest Africa chez Boehringer Ingelheim, a souligné l’importance du partenariat entre l’industrie pharmaceutique et la communauté médicale au Maroc : «Nous félicitons la Société Marocaine de Diabétologie pour son rôle constant dans la diffusion d’un savoir scientifique de haute qualité au service des patients. En tant qu’entreprise de recherche et d’innovation, Boehringer Ingelheim demeure pleinement engagée aux côtés des sociétés savantes et des professionnels de santé pour soutenir l’accès à des solutions fondées sur des données robustes. Notre priorité est d’accompagner l’amélioration des parcours de soins et la qualité de vie des patients au Maroc».

Un avenir plus intégré dans la gestion des maladies chroniques

Les congressistes ont conclu que l’avenir de la gestion des maladies chroniques au Maroc repose sur l’intégration, l’innovation et la collaboration entre toutes les parties prenantes. En adoptant des stratégies thérapeutiques modernes prenant en charge simultanément la santé cardiovasculaire, rénale et métabolique, le Maroc peut alléger le fardeau des maladies non transmissibles et améliorer la qualité de vie de millions de patients.

Le passage du traitement de chaque maladie séparément à une méthodologie de soins intégrée ciblant le système de santé dans son ensemble n’est plus une option, mais une nécessité urgente imposée par des défis croissants et exigée par la responsabilité commune envers la santé de la communauté.

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