Tibari Kantour expose la «Matière» et le «Silence» à Casablanca

À partir du 16 avril 2026, l’Alma Art Gallery accueille «Matière et Silence», une exposition consacrée à l’artiste marocain Tibari Kantour. Le vernissage est prévu à 19h, marquant une nouvelle étape dans le parcours singulier de cet artiste discret, dont l’œuvre s’est construite en marge des circuits traditionnels de l’art.
Né en 1954 à Casablanca, Tibari Kantour s’est formé entre le Maroc et la Belgique, notamment à Liège et Bruxelles. Aujourd’hui installé à Ben Mâachou, il développe son travail dans un environnement rural, loin de l’agitation urbaine. C’est dans ses ateliers, à la campagne, qu’il conçoit l’ensemble de ses œuvres, dans une approche artisanale où chaque élément, du papier aux pigments, est élaboré sur place.
Un rapport physique aux matériaux
L’exposition met en lumière une pratique artistique profondément ancrée dans la matière. Les œuvres de Kantour témoignent d’un rapport physique et direct aux matériaux : fibres apparentes, surfaces compressées, gestes répétés s’inscrivent dans le temps. Des traces rouges surgissent, traversent les compositions, avant de s’estomper dans leur épaisseur, comme des signes furtifs.
À rebours de toute démarche décorative, son travail s’inscrit dans une lenteur assumée, presque méditative. Les pièces présentées se caractérisent par une économie de moyens et une retenue qui invitent à une expérience sensorielle. Le spectateur est plongé dans un univers silencieux, où les formes semblent émerger puis se dissoudre, laissant place à une lecture intime et ouverte.
Bien connu et reconnu à l’international, Tibari Kantour figure dans plusieurs collections prestigieuses, notamment celle de la Banque mondiale à Washington. Pourtant, il poursuit une trajectoire indépendante, fidèle à une recherche plastique exigeante et introspective.
Avec «Matière et Silence», l’Alma Art Gallery propose ainsi une immersion dans une œuvre rare, où chaque création porte en elle la mémoire de sa fabrication et la trace du temps qui l’a façonnée.
L. F.



