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PEINES ALTERNATIVES

Quand les journalistes se forment à une nouvelle culture de la Justice pénale

Dans le cadre de l’accompagnement de la réforme de la justice pénale au Maroc, une formation à l’attention des journalistes a été organisée hier 22 janvier à Casablanca autour du thème de l’exécution des peines alternatives. Cette rencontre s’inscrit dans le Programme des Peines Alternatives au Maroc, mis en œuvre avec le Centre National des Tribunaux des États-Unis (NCSC), en partenariat avec le ministère de la Justice et la Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion (DGAPR), avec l’appui du Bureau international de lutte contre les stupéfiants et de l’application de la loi (INL).

L’ouverture a été assurée par Loubna Bouhdid, Directrice auprès du Centre National des Tribunaux des États-Unis (NCSC). Ont également pris la parole Zouhair Lakhlifi, Chef d’établissement pénitentiaire à la DGAPR, ainsi que Fatima Ougadoum, Secrétaire Générale de l’Association Relais Prison Société (RPS). Les intervenants ont souligné l’importance d’une information rigoureuse pour accompagner l’appropriation sociale des peines alternatives et soutenir la transition vers une justice pénale plus équilibrée.

Destinée aux professionnels des médias, cette formation a eu pour objectif de renforcer la compréhension des journalistes sur un chantier majeur de la réforme pénale au Maroc : l’introduction et l’application des sanctions non privatives de liberté prévues par la loi «22-43». À travers des exposés théoriques et des échanges approfondis, les participants ont été sensibilisés aux fondements juridiques, aux référentiels internationaux et aux enjeux sociétaux liés aux peines alternatives.

Les travaux ont été structurés autour de trois panels thématiques. Les deux premiers panels ont été assurés par Mohammed Bouzlafa, expert en droit pénal, qui a notamment clarifié la distinction entre «peines alternatives», entendues comme de véritables sanctions prévues par la loi en substitution à l’emprisonnement, et les «alternatives aux poursuites» ou mécanismes préalables à la sanction pénale. Qu’il s’agisse du travail d’intérêt général, de la surveillance électronique, de la restriction de certains droits ou encore de la peine de jours-amende, ces dispositifs visent à concilier sanction, réinsertion et prévention de la récidive, tout en limitant le recours systématique à l’incarcération.

La formation a également mis en lumière l’importance des référentiels internationaux tels que les Règles de Nelson Mandela, les Règles de Tokyo et les recommandations des Nations-Unies qui encouragent le recours à des sanctions non privatives de liberté, particulièrement pour les infractions non violentes, dans une perspective de justice plus humaine et plus efficace.

Le troisième panel, animé par Zouhair Lakhlifi, a été consacré aux aspects opérationnels de la mise en œuvre des peines alternatives, notamment les mécanismes de suivi et d’exécution, le rôle des institutions concernées et les défis pratiques liés à la coordination entre les différents acteurs impliqués.

Au-delà des dimensions juridiques et institutionnelles, la formation a insisté sur le rôle essentiel des médias dans l’accompagnement de cette réforme. En favorisant une information rigoureuse et pédagogique, les journalistes sont appelés à contribuer à l’évolution des représentations sociales autour de la peine et du système pénal, encore largement associées à l’emprisonnement.

LAIDIA FAHIM

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