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3 questions à Khadija El Afrit, artiste tunisienne émérite

Khadija El Afrit, musicienne, compositrice et chanteuse tunisienne, prend part à l’édition 2024 du Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde. L’artiste est née à Tunis en 1981 et se distingue par une voix puissante et un style musical unique, fusionnant les traditions tunisiennes avec des influences contemporaines. Ayant débuté sa carrière dans les années 2000, elle a performé sur de nombreuses scènes locales et internationales. Son engagement pour la préservation du patrimoine musical tunisien, tout en innovant dans le respect de ses racines, a fait d’elle une figure emblématique de la scène musicale tunisienne. Ses albums et ses performances en direct ont reçu des critiques élogieuses, consolidant sa réputation d’artiste talentueuse et visionnaire. Lors de cette 27ème édition du Festival, Khadija El Afrit a interprété l’«Istikhbâr», une traduction inédite de textes datant de 1872. Ce projet est le fruit de recherches musicologiques sur le «Mâlûf» tunisien, menées par le musicologue Naoufel Ben Aissa. Ces documents sont des manuscrits de transcriptions musicales des «Nawbât» du «Mâlûf» tunisien, jamais interprétées auparavant dans leur version originale. Révélées au début du 20ème siècle, ces transcriptions ont permis de revisiter le corpus du «Mâlûf», dont seule la version officielle établie par la Rachidia (association de préservation du «Mâlûf» tunisien) était connue jusqu’alors. Nous avons interviewé Khadija El Afrit. 

Que signifie pour vous de participer avec ce capital artistique et historique au festival de Fès des musiques Sacrées du Monde ?

Cette reconnaissance fait référence à l’appréciation que nous recevons pour avoir présenté un répertoire très spécifique. En l’occurrence, il s’agit de la traduction d’un manuscrit musical datant du 19ème siècle, fruit d’une recherche approfondie en musicologie. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une recherche scientifique rigoureuse. Pour nous, avoir l’opportunité de présenter ce répertoire sur scène dans cette édition est véritablement une chance extraordinaire.

Comment conciliez-vous les influences traditionnelles et modernes dans votre musique ?

La notion de modernité est étroitement liée aux choix rythmiques que nous faisons. Choisir un rythme particulier implique une réflexion sur nos intentions musicales. Personnellement, je ne ressens aucune réticence vis-à-vis de la modernité. Je m’adapte facilement à différents contextes musicaux, qu’il s’agisse de jouer dans des orchestres contemporains avec des compositions actuelles, en utilisant le même instrument, ou de chanter au sein d’ensembles traditionnels dédiés à la musique classique. Pour moi, la musique est un langage universel qui transcende les frontières des genres, permettant ainsi une exploration créative et une expression authentique.

Comment la spiritualité se reflète-t-elle dans vos compositions et vos performances ?

Pour moi, la musique est bien plus qu’une simple pratique artistique. Elle est profondément entrelacée avec la spiritualité, une dimension essentielle de mon être. Lorsque je me plonge dans la musique, que ce soit à travers la psalmodie du Coran ou d’autres expressions musicales, je ressens une connexion intime avec quelque chose de plus grand que moi-même. Cette connexion transcende les limites des religions et des croyances spécifiques. C’est une quête personnelle de sens et de perfection. Ainsi, chaque fois que je m’engage dans la musique, c’est une exploration profonde de mon être intérieur, une recherche constante de cette connexion spirituelle qui alimente ma pratique musicale et enrichit ma vie de manière inestimable.

Entretien réalisé par LAIDIA FAHIM

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