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Les professionnels pointent les défis de la chaîne de production de l’animation au Maroc

Dans le cadre du Forum des Métiers de l’Animation, organisé à l’occasion de la 24ème édition du Festival International de Cinéma d’Animation de Meknès, une importante conférence a été consacrée à ”L’animation marocaine face à la réalité de sa chaîne de production” pour débattre des enjeux qui freinent encore le développement de cette industrie au Maroc.

Modérée par Jean-Paul Commin, la rencontre a donné la parole à Ali Rguigue et Jihane Joypaul, deux professionnels engagés dans l’évolution de l’écosystème national de l’animation. Entre manque de financements, besoins en formation, visibilité limitée des œuvres et mutation technologique, les intervenants ont dressé un état des lieux lucide, tout en mettant en avant les perspectives prometteuses du secteur.

Des idées reçues sur l’animation

Réalisatrice et productrice spécialisée en stop motion, Jihane Joypaul a partagé son parcours personnel, marqué par une volonté constante de faire reconnaître l’animation comme un véritable cinéma d’auteur, destiné à tous les publics et non uniquement aux enfants. Elle a expliqué avoir longtemps été confrontée à des idées reçues sur l’animation, souvent perçue comme un divertissement mineur ou réservé à la télévision. Selon elle, la présence croissante de talents marocains dans les grands rendez-vous internationaux, notamment à Venise, Annecy ou Cannes, constitue aujourd’hui un signal encourageant.

Jihane Joypau estime que cette reconnaissance internationale permet de valoriser les créateurs marocains et de renforcer leur légitimité auprès des professionnels étrangers. Jihane Joypaul a également insisté sur la nécessité de créer davantage de passerelles entre les talents marocains et les réseaux internationaux afin de développer des projets ambitieux capables de toucher un public large, des adolescents aux adultes.

Difficultés structurelles

De son côté, Ali Rguigue a mis l’accent sur les mutations technologiques qui bouleversent actuellement les métiers de l’animation. Selon lui, les nouveaux outils numériques et l’intelligence artificielle rendent désormais certaines techniques plus accessibles, réduisant les barrières techniques autrefois imposées aux jeunes créateurs. Pour autant, il considère que la véritable valeur ajoutée reste l’identité artistique et l’imaginaire des auteurs marocains. Le spécialiste a également souligné les difficultés structurelles auxquelles sont confrontés les studios marocains, notamment le manque de financements et l’insuffisance des dispositifs d’aide dédiés aux différents formats d’animation. Il a toutefois salué l’ouverture de certaines opportunités de coproduction, notamment avec TV5 Monde, qui pourraient encourager davantage de projets.

La question de la formation a occupé une place centrale dans les échanges. Ali Rguigue a rappelé que l’intégration des jeunes diplômés dans les studios demeure un défi majeur, appelant à un rapprochement plus étroit entre écoles et professionnels afin d’adapter les compétences aux réalités du marché.

LAIDIA FAHIM 

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