L’Office National des Chemins de Fer a surperformé en 2025

En franchissant pour la première fois le cap des 5 milliards de DH de chiffre d’affaires en comptes sociaux, l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) a signé en 2025 un exercice charnière. C’est ce que rapporte notre confrère en ligne Maroc Diplomatique. Avec 5,15 milliards de DH de revenus à fin décembre dernier, en progression de 7% sur un an, l’opérateur ferroviaire confirme l’entrée dans une phase de maturité opérationnelle où la croissance ne repose plus sur un segment unique, mais sur la complémentarité de ses métiers.
Le trafic de voyageurs a atteint 55,6 millions de passagers, générant 2,9 milliards de DH de chiffre d’affaires (+5%). Au-delà du volume, c’est la qualité de la demande qui retient l’attention. Le train s’impose progressivement comme une alternative crédible à la route sur les grands axes économiques du pays. La dynamique est particulièrement visible sur l’offre à grande vitesse.
«Al Boraq», un actif stratégique
Le TGV «Al Boraq» transporte 5,6 millions de voyageurs et a généré 847 millions de DH de revenus, en hausse de 8%. Ce segment, initialement perçu comme un projet emblématique, s’affirme désormais comme un actif stratégique à part entière, à la fois générateur de cash-flow et catalyseur d’aménagement territorial.
Dans un contexte de pression sur les mobilités urbaines et interurbaines, la performance du segment des voyageurs traduit une élasticité croissante de la demande au temps gagné et à la fiabilité, deux variables déterminantes pour les centres économiques comme Casablanca, Rabat ou Tanger.
L’activité de marchandises poursuit, elle aussi, son expansion. En 2025, près de 23 millions de tonnes ont été acheminées, pour un chiffre d’affaires de 1,99 milliard de DH, en progression de 8%.
La contribution du segment des phosphates demeure structurante. La hausse des volumes transportés reflète à la fois la vigueur de la demande internationale et la centralité du rail dans la chaîne logistique nationale. Dans un pays où les flux miniers représentent un pilier des exportations, le ferroviaire conserve un avantage compétitif décisif en matière de coûts unitaires et de fiabilité. Plus largement, le fret ferroviaire s’inscrit dans une logique de décarbonation et d’optimisation logistique, en ligne avec les exigences croissantes des donneurs d’ordre internationaux.
Un CA de plus de 5 milliards de DH
La configuration 2025 révèle un portefeuille d’activités désormais mieux réparti entre voyageurs et fret, limitant la dépendance conjoncturelle à un seul moteur de croissance. Cette diversification renforce la résilience financière de l’ONCF, dans un environnement marqué par la volatilité énergétique et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le dépassement du seuil symbolique des 5 milliards de DH ne constitue donc pas uniquement une performance comptable. Il signale la consolidation d’un modèle ferroviaire intégré, capable d’articuler mobilité des personnes, logistique industrielle et aménagement du territoire.
À l’heure où le Royaume accélère ses investissements en infrastructures en perspective des grands rendez-vous internationaux et de la montée en puissance de ses plateformes industrielles, le rail apparaît plus que jamais comme un instrument stratégique. La question n’est plus celle de la viabilité du modèle, mais de sa capacité à absorber la prochaine phase d’expansion.