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À cœur ouvert avec Abderrafia Zouitene, Président de la Fondation Esprit de Fès

Abderrafia Zouitene préside aux destinées de la Fondation Esprit de Fès, organisatrice chaque année de l’emblématique Festival de Fès des Musiques Sacrées. Il est connu et reconnu depuis de nombreuses années pour son engagement en faveur du dialogue interculturel et interreligieux, ainsi que pour la promotion de la tolérance et de l’ouverture à travers la musique. Il a contribué à faire de ce Festival un événement majeur, de notoriété mondiale, mettant en avant des artistes et des troupes musicales de divers horizons. Son leadership a permis à la Fondation Esprit de Fès de jouer un rôle significatif dans la création d’une plateforme d’échanges et de coexistence pacifique où différentes spiritualités et cultures se rencontrent à travers la musique. Il se confie à notre Site «letempsmag.ma» à travers cette interview exclusive.

Entretien réalisé par LAIDIA FAHIM

À quels défis êtes-vous confronté lors de l’organisation d’un événement culturel et artistique d’une telle envergure ?

Même si le fait d’organiser un événement d’une telle ampleur peut être assez difficile, je préfère parler plutôt du plaisir que nous trouvons dans cette entreprise. Avec l’aide de tous, des sponsors aux institutions de la ville de Fès en passant par les autorités et la Wilaya, nous relevons un véritable défi. Sur neuf jours, dans plusieurs lieux, avec des troupes venues de différents pays et une nouvelle création chaque année, nous faisons face à un challenge ardu mais extrêmement positif. Chaque année, nous nous efforçons de nous améliorer afin de satisfaire les festivaliers. Je tiens à souligner que l’aide de chacun est indispensable à la réussite de ce grand événement.

Comment la Fondation Esprit de Fès sélectionne-t-elle les artistes et détermine-t-elle les programmes pour le Festival ?

Chaque année, le processus de sélection de la thématique est le fruit d’un travail collaboratif. Comme vous le savez, nous optons pour une nouvelle thématique à chaque édition. Pour cette édition 2024, nous avons choisi d’explorer la quête de l’esprit andalou. En harmonie avec cette thématique, nous concevons entièrement la soirée d’ouverture, la rendant ainsi unique et créative. Nous sélectionnons également des artistes éclectiques venant de divers horizons pour le reste de la programmation, tout en restant fidèles à notre domaine d’expertise : les musiques sacrées et spirituelles. Notre festival se distingue par cette spécificité, alors que d’autres événements au Maroc se concentrent davantage sur la variété musicale. Notre objectif est d’offrir, chaque année, à nos concitoyens ainsi qu’aux visiteurs étrangers la possibilité de découvrir des facettes méconnues des musiques sacrées à travers le monde, en présentant des artistes nouveaux et talentueux, issus de différentes cultures.

En quoi le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde contribue-t-il à la promotion du dialogue interculturel et interreligieux ?

Dès les débuts du Festival, notre objectif a été clair : promouvoir le dialogue interculturel et interreligieux, favoriser l’esprit de tolérance et encourager l’ouverture aux autres, en accord avec les Orientations Royales. Cet objectif constitue le socle même de la Fondation Esprit de Fès, qui œuvre activement à travers des partenariats nationaux et internationaux, ainsi qu’à travers une présence médiatique marquée à la fois au niveau national et international. Chaque année, la thématique choisie pour notre Festival, ainsi que les artistes et groupes musicaux invités de divers horizons, contribuent à renforcer et à diffuser cet esprit de tolérance et d’ouverture, pour lequel le Maroc est universellement reconnu. Il s’agit là d’un message d’une importance capitale. Et il est d’autant plus pertinent dans le contexte international actuel ! Il est essentiel de continuer à véhiculer ce message de manière constante et insistante.

Comment le Festival s’adapte-t-il aux évolutions socioculturelles et aux nouvelles tendances musicales tout en préservant son héritage spirituel ?

Le Festival s’articule toujours autour d’une ligne directrice claire : offrir une plateforme d’échanges favorisant le dialogue entre les cultures et les religions, permettant ainsi neuf jours de coexistence pacifique à travers la musique. Sur le plan musical, chaque édition est une occasion de découvrir de nouvelles troupes musicales, comme nous avons pu le voir récemment lors de la soirée d’ouverture avec des représentations venues d’Ouzbékistan, d’Italie, de France et d’Espagne. Notre objectif est d’explorer continuellement et de partager les différentes et riches facettes de la spiritualité à travers la musique, en mettant en lumière à la fois des chants ancestraux et des créations contemporaines, dans le respect de cette ligne directrice.

Pouvez-vous partager avec nous un moment marquant ou une performance mémorable lors du Festival ?

Je note que l’opinion générale sur la soirée d’ouverture est unanime : elle a été exceptionnelle. Les performances, notamment le mapping, ont été incroyables et la présence artistique était variée, allant des troupes marocaines aux collaborations fusion telles que celle exécutée entre Haïdouss et Madalena, ou encore entre Sanaa Marahati et Anaïs Oliveras. Ces moments magiques, marqués par des collaborations uniques spécialement créées pour le Festival, ont contribué à rendre cette soirée inoubliable.

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