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«Sada Al Ibdae» : ça repart avec Abdelhak Najib pour une 12ème saison

C’est l’unique talk-show digne de ce nom à la télévision marocaine et il revient pour une 12ème saison sur la chaîne «Al Oula». Le programme «Sada Al Ibdae» est une émission grand public, mettant la lumière sur les arts et la culture au Maroc, sans jamais tomber dans la banalité ni la trivialité et l’amateurisme qui est devenu la norme aujourd’hui.

De 2014 à 2025, cette émission culturelle de la SNRT (Société Nationale de Radiodiffusion et Télévision), diffusée tous les samedis sur «Al Oula» à partir de 17h, a en effet entamé une 12ème saison, avec un rendu de belle facture et une constance qui augure de nombreuses autres saisons pour le futur. «Sada Al Ibdae a fidélisé son public durant 12 saisons par la qualité de ce qu’il propose aux téléspectateurs marocains. Il n’y a pas de secret : seule la qualité perdure dans le temps». C’est clair et limpide. Les propos tenus par Abdelhak Najib, présentateur de l’émission, confirment que dans un paysage télévisuel où les émissions et programmes consacrés à la culture et aux arts sont presque inexistants, quand un talk-show tel que «Sada Al Ibdae» tient la route durant plus d’une décade, c’est que le concept à la base est bien ficelé pour pouvoir s’adapter au fil des ans à toutes les actualités et répondre à toutes les nouveautés, avec le même élan, la même passion, la même exigence, la même rigueur et surtout le même sérieux, surtout à une époque où le futile le dispute au médiocre et où la mauvaise blague tient lieu de discours culturel.

Le secret du succès de cette émission culturelle, produite en interne par la SNRT et diffusée sur «Al Oula» tous les samedis, est justement dans la capacité de son équipe, avec son présentateur principal (Abdelhak Najib) et ses deux chroniqueurs (Meriem Khalil et Mohamed Chouika), de tenir le niveau haut, de ne jamais céder aux modes et autres glissements vers le trivial sous couvert de faire rire et amuser la galerie.

«Sada Al Ibdaa se situe dans cette marge qui refuse les effets de mode et tient à sa marque de fabrique, à savoir : proposer aux téléspectateurs marocains et étrangers un contenu solide, des rubriques bien définies, un débat constructif, une lecture de l’actualité culturelle et artistique du Maroc, faite dans la maîtrise, avec beaucoup de simplicité, dans un langage accessible, sans tomber dans les lieux communs ni la vulgarité de circonstance, comme on peut le noter dans certains programmes», comme le précisent les membres de l’équipe.

C’est une exigence envers soi d’abord en refusant de faire la promotion de la médiocrité ambiante en choisissant les créateurs sérieux dans tous les domaines de la culture et des arts au Maroc : «Cette ligne de démarcation est importante, parce qu’elle définit l’essence même de cette émission dédiée aux belles choses, au savoir, à la connaissance, au partage des idées, aux questionnements sur nous-mêmes, sur notre société, sur nos valeurs humaines, sur nos aspirations intellectuelles, sur nos engagements au service du rayonnement de ce qui fait toute la force de l’héritage humain marocain. Cela passe par des thèmes d’une grande profondeur sur l’Histoire du Royaume, sur l’archéologie et sa relation avec le legs des civilisations anciennes, sur l’anthropologie, sur la philosophie comme mode de pensée et de vie, sur la poésie, comme viatique humain surtout dans une époque où la matérialité domine, sur le théâtre, cet art premier qui est le socle et le miroir réfléchissant de toute société, sur la musique dans ses différentes tonalités et mélodies, sur les expressions du corps dans ce qu’il a de noble et de symbolique, sur la quête du savoir à une époque où l’indigence intellectuelle est devenue de plus en plus prononcée», précise encore l’équipe de «Sada Al Ibdae».

Cela passe aussi par tous ces hommages aux grandes figures de la pensée et des arts au Maroc. Toutes ces personnalités qui ont laissé derrière elles tout un legs qui doit servir de flambeau et de passage de témoin aux générations futures. Rendre hommage à Fatéma Mernissi, à Mohamed Aziz Lahbabi, à Mohamed Abed El Jabri, à Tayeb Seddiki, à Abdelkébir Khatibi, à Chaibia Talal à tant d’autres grands noms des arts plastiques marocains, faire connaître les nouveaux visages de la littérature marocaines, toutes expressions confondues, dans une belle ouverture sur les autres langues, sur les cultures du monde, sur ce dialogue entre les civilisations, dans ce qu’elles ont de plus humains et de plus fondamental.

C’est cela qui fait la force de «Sada Al Ibdae» : respecter le téléspectateur marocain en lui donnant à voir un programme qui élève ses goûts, qui le porte vers le haut, dans ces sphères où la beauté et l’acuité sont célébrées pour participer à doter le Maroc d’exigences pour ne jamais perdre de vue ses richesses historique, son patrimoine humain et la diversité de ces cultures, qui en font un Royaume à part, avec des particularités qu’il faut toujours mettre en avant. «Sada Al Ibdae» remplit ce vide en apportant un regard différent sur la culture, déclinée dans une approche qui refuse l’élitisme et va à la rencontre du public, dans ses plus larges franges. Le choix de faire une émission en darija bien soignée, est un atout important qui garantit justement le succès d’un programme dont le crédo est la culture pour tous. L’élément de la langue est capital dans ce sens que l’on peut s’adresser à un grand nombre de personnes et pas uniquement les intellectuels dans un jargon bien établi qui peut parfois devenir barbant.

C’est cette estime pour l’intelligence des téléspectateurs et ce refus de brader la culture qui distinguent «Sada Al Ibdae» et nous garantissent chaque Week-end une heure de culture de belle facture, en famille, entre amis, avec cette garantie : il y a toujours à apprendre dans ce programme qui évite la langue de bois et la complaisance et va à l’essentiel. Sans oublier également cette ambiance de décontraction à l’instar de ce qui se fait ailleurs dans les émissions de ce genre, ce qui fait beaucoup de bien à ce programme, qui s’est franchement amélioré par le rire, par la rigolade, avec un esprit plus léger, sans tomber dans la légèreté, pour faire de ce début de soirée du samedi un moment de détente, d’apprentissage, de convivialité et d’humour.

M. E.

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