Le marché du travail au Maroc fait l’objet d’une enquête de nouvelle génération

Une nouvelle enquête sur la main-d’œuvre («EMO2026») vient d’être publiée par le Haut Commissariat au Plan (HCP), constituant la première enquête d’une nouvelle génération d’initiatives similaires sur le marché du travail au Maroc. Elle est conçue conformément aux récentes normes internationales adoptées lors des 19ème, 20ème et 21èmes Conférences Internationales des Statisticiens du Travail (CIST) de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Elle se substitue à l’Enquête Nationale sur l’Emploi (ENE).
Changements méthodologiques et conceptuels
Les principales évolutions introduites par le nouveau cadre conceptuel s’articulent autour de trois axes majeurs :
– La redéfinition de l’emploi, désormais limité aux activités exercées contre rémunération ou en vue d’un profit.
– L’adoption du chômage au sens strict, afin de mieux mesurer la pression immédiate exercée sur le marché du travail.
– L’élargissement de la mesure de la sous-utilisation de la main-d’œuvre, intégrant également le sous-emploi lié à la durée du travail et la main-d’œuvre potentielle.
En matière d’emploi, l’«EMO2026» considère désormais comme emploi uniquement le travail exercé contre rémunération ou en vue d’un profit. A titre d’exemple, les personnes exerçant des activités destinées principalement à l’autoconsommation au sein d’unités non marchandes sont désormais classées dans la production pour usage propre, et non plus dans l’emploi.
En matière de chômage, le taux au sens strict remplace désormais le taux de l’inactivité au sens large mesuré dans le cadre de l’ENE. Plus restrictif, il ne considère comme chômeuses que les personnes sans emploi, disponibles pour travailler et recherchant activement un emploi. Il exclut ainsi les personnes disponibles ne recherchant pas activement un emploi, ainsi que celles effectuant des démarches de recherche mais non disponibles pour travailler.
La base de sondage a été actualisée par le HCP à partir des résultats les plus récents du recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2024, et un nouveau schéma de rotation trimestriel et annuel des ménages a été instauré, permettant le suivi longitudinal partiel des ménages ainsi que l’analyse des dynamiques trimestrielles et annuelles des indicateurs du marché du travail.
Situation au 1er trimestre 2026
La population en âge de travailler (15 ans et plus) se répartit en deux catégories mutuellement exclusives selon la situation vis-à-vis du marché du travail : la main-d’œuvre (comprenant les personnes en emploi contre revenu et les chômeurs au sens strict) et la population hors main-d’œuvre, laquelle inclut la main-d’œuvre potentielle.
Au premier trimestre 2026, la main-d’œuvre (personnes en emploi contre revenu et les chômeurs en sens strict) s’établit à 11.617.000 personnes. Près de 63,6% de cette catégorie de la population résident en milieu urbain. Par ailleurs, les femmes ne représentent que 21% de la main-d’œuvre, contrastant nettement avec leur poids prédominant au sein de la population hors main-d’œuvre (71,2%).
Le taux de participation à la main d’œuvre (part de la main d’œuvre dans la population en âge de travailler) a atteint 41,8% au niveau national, 41% en milieu urbain et 43,3% en milieu rural. Un écart très marqué a été constaté entre les hommes et les femmes. Ce taux culmine à 66,4% pour les hommes contre seulement 17,5% pour les femmes.
Les tranches d’âge 25-34 ans et 35-44 ans enregistrent les taux de participation à la main d’œuvre les plus importants, avec respectivement 56,7% et 56,5%, suivi par les personnes âgées de 45 ans et plus (38%). Alors que, les jeunes âgés de 15 à 24 ans enregistrent le taux le plus faible (23,4%).



