Elam Jay signe son grand retour avec «Ban Shita No»

Le 5 février dernier a marqué le retour de l’artiste Elam Jay avec «Ban Shita No», un nouveau titre en solo. Après «Rise Up Africa», un projet fortement lié à la Coupe d’Afrique des Nations et aux dynamiques panafricaines, la star marocaine revient avec une œuvre plus introspective, sans perdre l’énergie qui caractérise son univers, en s’intéressant aux relations humaines et à ces vérités longtemps dissimulées qui finissent toujours par émerger.
«Ban Shita No» s’inscrit dans une esthétique Afrobeat et Afrohouse, portée par une dynamique «Amapiano» fluide, mêlant rythmiques contemporaines et héritage vocal marocain. Chantée en darija, la chanson aborde les thèmes de la jalousie, des démons intérieurs et des intentions cachées qui fragilisent peu à peu les liens entre les individus, qu’il s’agisse d’amitié, de fraternité ou d’amour.
Les couplets s’appuient sur une intensité presque incantatoire, nourrie par l’héritage du gnawa et par l’esprit de formations emblématiques comme Nass El Ghiwane et Jil Jilala, tandis que le refrain adopte une posture plus directe, inspirée du rap-pop, ancrant le morceau dans une modernité assumée et tournée vers le mouvement.
Cette démarche se prolonge visuellement à travers un clip inspiré du Japon, mêlant images tournées sur place à Tokyo et décors conçus au Maroc au sein de Marrakech Media Village. Par son langage symbolique et son esthétique affirmée, «Ban Shita No» s’impose comme un titre africain contemporain, ouvert sur le monde et porteur d’une vision artistique forte.
Un parcours exceptionnel
Elam Jay est un artiste, producteur et entrepreneur swisso-marocain reconnu pour son parcours singulier et son influence durable sur la scène musicale marocaine et internationale. Chanteur, danseur et homme d’affaires, il incarne l’archétype du self-made man, guidé dès son plus jeune âge par le travail, la persévérance et une vision résolument tournée vers l’innovation.
Né en 1974 à Casablanca, l’artiste comprend très tôt que la réussite ne peut venir que par l’effort et la détermination. À l’âge de 14 ans, il s’installe à Genève, en Suisse, où il cumule études et petits boulots afin de financer ses premières sessions en studio. Il y compose alors ses propres morceaux, initialement destinés à accompagner ses chorégraphies de danse.
À seulement 16 ans, sa victoire au concours «Black or White» de Michael Jackson à Paris-Bercy marque un tournant décisif. Animé par un esprit entrepreneurial précoce, il fonde sa propre école de danse, où il forme plus de 180 élèves en parallèle de son développement artistique.
Déjà auteur et compositeur de ses œuvres, Elam Jay signe son premier contrat avec Island Records, puis attire l’attention de Sony Music, avec qui il collabore sur son premier album «Wanna Be Free». Ce projet marque le début d’une carrière européenne prometteuse, portée par des titres tels que «Return to Freedom» et «Wanna Be Free».
Parallèlement, l’artiste s’impose comme producteur et compositeur international, travaillant avec des artistes en Turquie, en Égypte, en Roumanie et aux États-Unis. Cette ouverture lui confère la réputation d’un artiste éclectique, polyvalent et profondément ancré dans la diversité culturelle. Désireux de mieux comprendre l’industrie du divertissement mondiale, Elam Jay s’installe plusieurs années aux États-Unis afin d’en maîtriser les codes et les dynamiques.
De retour au Maroc, il saisit des opportunités majeures et fonde le label Platinum Music, introduisant Universal Music dans le pays en 2004. Visionnaire et pionnier, il contribue à moderniser la scène musicale marocaine en lançant une nouvelle génération d’artistes et en intégrant des technologies novatrices, notamment la vidéo 3D dans ses clips.
Elam Jay entre dans les foyers marocains avec «Maghribia», hymne officiel de la candidature du Maroc à la Coupe du Monde FIFA 2010, qu’il signe en tant qu’auteur et compositeur. Il s’y produit aux côtés de son épouse Mirela Jay et de Mohamed Derham, soliste du mythique groupe Jil Jilala.
Son rayonnement s’étend à l’univers des grandes marques lorsqu’il devient le premier artiste ambassadeur de Coca-Cola pour la région MENA. Le titre «Morena» connaît alors un succès retentissant, touchant des centaines de millions d’auditeurs et donnant lieu à la première tournée internationale d’un artiste marocain, rassemblant plus de 320.000 spectateurs. Il collabore également avec Inwi, dont la campagne intégrant le titre «Gnawitone» popularise la fusion entre musique contemporaine et sonorités gnawa.
Le succès se poursuit avec «Sunshine», reprise up-tempo de «Ain’t No Sunshine» de Bill Withers, qui domine les classements radio nationaux pendant plusieurs semaines. Le titre «Hayganini», interprété avec le vainqueur de X Factor Arabia 2013, devient un hit majeur au Maghreb et en Égypte, cumulant des millions de vues et restant durablement diffusé sur les ondes.
Reconnu pour ses performances scéniques spectaculaires, Elam Jay se distingue par des shows mêlant musiciens, danseurs, chanteurs et technologies de pointe. Artiste visuel accompli, il propose des spectacles immersifs, aux décors soignés, combinant lumière, son et effets spéciaux dans une harmonie multiculturelle.
Après une période de retrait, Elam Jay signe un retour remarqué avec «Heroina Rwina» en 2022, rapidement devenu viral sur les réseaux sociaux, puis avec «Hangover» en 2023. Toujours engagé dans la promotion des arts marocains et africains, notamment à travers ses collaborations avec Studio 2M et Alam El Fen, l’artiste demeure une figure incontournable du paysage artistique, conjuguant création, innovation et transmission.



