{"id":6865,"date":"2021-07-23T09:36:38","date_gmt":"2021-07-23T08:36:38","guid":{"rendered":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=6865"},"modified":"2021-07-23T09:36:39","modified_gmt":"2021-07-23T08:36:39","slug":"le-stress-hydrique-fortement-ressenti-au-maroc-cet-ete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=6865","title":{"rendered":"Le stress hydrique fortement ressenti au Maroc cet \u00e9t\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>53 centres au Maroc seront probablement en d\u00e9ficit hydrique pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 2021, soit 7% du total du r\u00e9seau national d\u2019eau. C\u2019est l\u2019inqui\u00e9tant constat qui ressort d\u2019une \u00e9tude men\u00e9e r\u00e9cemment par l\u2019Office National de l\u2019\u00c9lectricit\u00e9 et de l\u2019Eau potable (ONEE). R\u00e9chauffement climatique, gestion approximative de la politique de l\u2019eau, irrigation agricole\u2026 Autant de facteurs qui am\u00e8nent le Maroc dans un \u00e9tat de stresse hydrique \u00e9lev\u00e9. Toutefois, un plan d\u2019urgence a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 par le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur afin d\u2019approvisionner les zones menac\u00e9es de raret\u00e9 en eau potable.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon l\u2019ONEE, \u00ab31 centres connaissaient d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9ficit hydrique et la liste risque de s\u2019allong\u00e9e car 22 autres centres sont menac\u00e9s de l\u2019\u00eatre pendant cet \u00e9t\u00e9\u00bb, notamment \u00e0 cause de la forte demande occasionn\u00e9e par l\u2019A\u00efd Al Adha, accentu\u00e9e par les r\u00e9centes fortes chaleurs. Selon l\u2019Office, 33 centres devraient en effet conna\u00eetre un d\u00e9ficit inf\u00e9rieur \u00e0 25%, alors qu\u2019il serait compris entre 25% et 50% pour 16 autres centres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Les autorit\u00e9s locales sous pression<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De nombreuses villes du pays sont menac\u00e9es par la p\u00e9nurie d\u2019eau potable, \u00e0 savoir Chtouka A\u00eft Baha, Sidi Allal Bahraoui, Zagoura, Bouarfa, Rehamna, Taounate, Chaouen et Ouezzane. L\u2019ONEE explique que \u00ables centres qui enregistrent en ce moment un d\u00e9ficit d\u2019alimentation en eau potable sont g\u00e9n\u00e9ralement en manque de ressource mobilisable. Ces centres sont implant\u00e9s dans des zones \u00e0 faible potentiel hydrique ou vuln\u00e9rables aux conditions climatiques comme la s\u00e9cheresse\u00bb. L\u2019Office pr\u00e9cise que la p\u00e9nurie d\u2019eau dans ces zones s\u2019explique par le recul de la production de la ressource, la surexploitation des nappes par l\u2019irrigation agricole et la saturation des installations de production et de distribution d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p>Soucieux d\u2019att\u00e9nuer le d\u00e9ficit hydrique au niveau de ces centres, le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur a initi\u00e9 un plan d\u2019urgence d\u2019approvisionnement en eau potable au profit des populations touch\u00e9es. Dans un courrier adress\u00e9 \u00e0 la Tr\u00e9sorerie G\u00e9n\u00e9rale du Royaume, le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur invite \u00e0 \u00abautoriser les Tr\u00e9soriers R\u00e9gionaux, Pr\u00e9fectoraux et Provinciaux \u00e0 porter assistance aux sous-ordonnateurs qui seront amen\u00e9s \u00e0 recourir \u00e0 la proc\u00e9dure des march\u00e9s n\u00e9goci\u00e9s\u00bb. Urgence de l\u2019op\u00e9ration oblige, le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur a \u00e9galement ouvert des cr\u00e9dits aux Walis et Gouverneurs des diff\u00e9rentes zones touch\u00e9es afin de financer l\u2019acquisition de camions-citernes et des r\u00e9servoirs de stockage d\u2019eau ainsi que les autres charges li\u00e9es \u00e0 la main d\u2019\u0153uvre et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00e0 la location de camions-citernes suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres actions sont en cours de r\u00e9alisation par les Directions R\u00e9gionales. Il s\u2019agit notamment d\u2019op\u00e9rations de nettoyage et d\u2019approfondissement des puits existants pour en augmenter le d\u00e9bit ainsi que de la maintenance des canaux de distribution d\u2019eau permettant une meilleure production. Des op\u00e9rations de surveillance continue des ouvrages sont par ailleurs initi\u00e9es en vue d\u2019intervenir instantan\u00e9ment pour la r\u00e9paration des fuites, ce qui permet de minimiser toute forme de pertes d\u2019eau. Le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur a \u00e9galement ordonn\u00e9 l\u2019installation d\u2019\u00e9quipements provisoires dans certaines villes touch\u00e9es, avec le concours des Agences r\u00e9gionales des Bassins Hydrauliques. Par ailleurs, des solutions p\u00e9rennes, permettant de garantir la continuit\u00e9 du service de l\u2019eau, sont en cours d\u2019ex\u00e9cution, via notamment la r\u00e9alisation de nouvelles stations de traitement. C\u2019est le cas des centres de La\u00e2youne et Tarfaya. Quant aux stations de traitement d\u2019eau existantes \u00e0 El Kal\u00e2a, elles sont en cours d\u2019extension. \u00abLes investissements pr\u00e9vus pour r\u00e9sorber le d\u00e9ficit au niveau des 53 centres concern\u00e9s s\u2019\u00e9l\u00e8vent \u00e0 environ 3,21 milliards de DH\u00bb, indique l\u2019ONEE.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Quid de la proximit\u00e9 des barrages&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Contre toute attente, certaines villes frapp\u00e9es par la p\u00e9nurie d\u2019eau sont limitrophes de gros barrages&nbsp;! Un paradoxe qui suscite des interrogations sur la pertinence de la politique de gestion de l\u2019eau dans certaines r\u00e9gions. Pourtant, une feuille de route Royale invitait, en 2019, les intervenants \u00e0 s\u2019atteler d\u2019urgence \u00e0 cette probl\u00e9matique. Parmi les mesures d\u2019urgence d\u00e9finies, figuraient le creusement de puits, l\u2019\u00e9dification rapide de barrages, la construction de stations de dessalement et l\u2019alimentation de certaines zones d\u00e9ficitaires par des camions-citernes. Deux ans apr\u00e8s, la situation ne semble pas avancer, certains d\u00e9cideurs renvoyant les travaux \u00e0 des \u00e9ch\u00e9ances plus ou moins lointaines, notamment 2025, voire 2030\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la question de savoir le pourquoi des arr\u00eats d\u2019approvisionnement en eau potable dans des zones proches de grands barrages, certains sp\u00e9cialistes d\u00e9noncent \u00able gap existant entre la r\u00e9alisation des barrages et les infrastructures de distribution d\u2019eau\u00bb, ajoutant \u00e0 cet \u00e9gard que le cas des villes d\u2019Azilal, B\u00e9ni Mellal, Taounate et d\u2019Ouazzane est \u00e9difiant. Selon les experts, ce d\u00e9phasage r\u00e9sulte principalement de la pl\u00e9thore d\u2019intervenants qui rend difficile la mise en place d\u2019une politique de planification coh\u00e9rente. \u00abChacun travaille de son c\u00f4t\u00e9\u00bb, confesse l\u2019un des op\u00e9rateurs intervenant sur ce programme. De quoi entra\u00eener d\u2019\u00e9normes pertes d\u2019eau. De fait, le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019\u00e9vaporation sur certains r\u00e9seaux de transport d\u2019eau p\u00e9nalise la moiti\u00e9 de la ressource&nbsp;! Cela concerne aussi bien l\u2019eau potable que celle destin\u00e9e \u00e0 l\u2019irrigation. Ces infrastructures doivent \u00eatre r\u00e9par\u00e9es ou, mieux encore, \u00e9troitement surveill\u00e9es. En attendant, ce sont les populations qui souffrent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le contre-exemple du nord<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 certaines r\u00e9gions menac\u00e9es de p\u00e9nurie d\u2019eau, celle d\u2019Al Hoceima fait office d\u2019exemple. Les infrastructures locales ont, en effet, permis d\u2019\u00e9conomiser l\u2019\u00e9quivalent de la consommation d\u2019un an, en r\u00e9parant particuli\u00e8rement le r\u00e9seau local de distribution. N\u00e9anmoins, si le Maroc reste encore loin d\u2019une p\u00e9nurie g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, \u00able pays est d\u00e9j\u00e0 en situation de stress hydrique \u00e9lev\u00e9 pour ce qui est l\u2019eau potable\u00bb, alerte l\u2019ONEE. Certaines r\u00e9gions sont, en effet, en situation de d\u00e9ficit accentu\u00e9, \u00e0 cause de la p\u00e9riode estivale qui enregistre une forte demande en eau. Selon l\u2019Office, \u00abla demande en eau en cette p\u00e9riode caniculaire est multipli\u00e9e par 2,5 fois, voire davantage dans certaines zones. \u00c0 titre d\u2019exemple, \u00e0 Zagora, les cultures gourmandes en eau, le golf et les stations touristiques cohabitent dans un cadre de raret\u00e9 de la ressource\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc est dans une situation de stress hydrique, comme le souligne par ailleurs une r\u00e9cente \u00e9tude de l\u2019organisme international World Resources Institute, qui note que \u00able pays atteindra un niveau de stress hydrique extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9 d\u2019ici \u00e0 2040\u00bb. Les experts estiment qu\u2019une r\u00e9gion est en situation de stress hydrique lorsqu\u2019elle passe sous la barre des 1.000 m3 d\u2019eau potable par habitant et par an. Or, le Maroc est d\u00e9j\u00e0 consid\u00e9r\u00e9 en stress hydrique avec seulement 500 m3 d\u2019eau potable par habitant et par an, contre 2.500 m3 en 1960&nbsp;!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>53 centres au Maroc seront probablement en d\u00e9ficit hydrique pendant l\u2019\u00e9t\u00e9 2021, soit 7% du total du r\u00e9seau national d\u2019eau. C\u2019est l\u2019inqui\u00e9tant constat qui ressort d\u2019une \u00e9tude men\u00e9e r\u00e9cemment par l\u2019Office National de l\u2019\u00c9lectricit\u00e9 et de l\u2019Eau potable (ONEE). 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