{"id":5884,"date":"2020-05-08T10:28:11","date_gmt":"2020-05-08T10:28:11","guid":{"rendered":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=5884"},"modified":"2021-06-23T10:28:44","modified_gmt":"2021-06-23T10:28:44","slug":"20-mai-date-butoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=5884","title":{"rendered":"20 mai, date butoir !"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>PAR HASSAN EL ARCH<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Qui ne vit pas l\u2019actuel confinement comme une chape de plomb&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Qui ne s\u2019impatiente pas de replonger dans la dynamique sociale et les plaisirs tout simples de la vie&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Qui ne voudrait pas prendre la route, le 23 ou le 24 mai, pour aller partager les joies de l\u2019A\u00efd Al Fitr dans une autre ville avec des proches&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Qui ne se languit pas de la maman malade ou du cousin endeuill\u00e9 dans une autre ville&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Qui ne ronge pas ses freins en pensant au jogging dominical dans les bois de la for\u00eat ou face aux vagues de l\u2019oc\u00e9an&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Qui ne r\u00eave pas \u00e9veill\u00e9 \u00e0 toutes ces choses enferm\u00e9es entre parenth\u00e8ses depuis le 20 mars&nbsp;: fl\u00e2ner sur la corniche, promener son chien au parc du quartier, l\u00e9zarder au soleil d\u2019une terrasse de caf\u00e9, renouer avec l\u2019ambiance du bureau et reprendre le train-train du travail avec les coll\u00e8gues, replonger dans le spectacle grand format d\u2019un film au cin\u00e9ma&nbsp;? Re-vivre, tout simplement. Passer \u00e0 autre chose de moins covidien\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La liste de nos privations est longue et le niveau de nos frustrations in\u00e9dit. Mais qui s\u2019en \u00e9tonnerait&nbsp;? Nous sommes des cr\u00e9atures sociales et ne concevons notre \u00e9quilibre que dans le lien communautaire. C\u2019est le propre de l\u2019\u00eatre humain.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis le d\u00e9but de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence et le confinement d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par l\u2019Ex\u00e9cutif, nos existences ont chang\u00e9. Nous avons brutalement bascul\u00e9 dans un mode de vie jamais connu, de m\u00e9moire de Marocain. L\u2019exp\u00e9rience serait cathartique si ses effets collat\u00e9raux n\u2019\u00e9taient pas dramatiques pour les citoyens classiquement vuln\u00e9rables et les entreprises structurellement sous perfusion. On comprend alors que le mot \u00abd\u00e9confinement\u00bb suscite, ces jours-ci, toutes sortes de fantasmes pour les uns et les autres\u2026 Car on ne parle que de cela maintenant. Total&nbsp;? Progressif&nbsp;? Le 20 mai&nbsp;? Plus tard&nbsp;? Bien malin (ou pr\u00e9tentieux) qui pourrait avancer des certitudes. Les experts eux-m\u00eames s\u2019interdisent de servir aux populations des conjectures toutes faites, pr\u00eates \u00e0 l\u2019emploi. Ce serait, au demeurant, totalement irresponsable et dangereux. La seule donn\u00e9e officielle, valeur ce jour, est une date annonc\u00e9e comme deadline par le gouvernement&nbsp;: 20 mai. Ce sera l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de la \u00absaison II\u00bb dans l\u2019actuel processus de confinement.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les responsables qui nous gouvernent, et \u00e0 leur t\u00eate Sa\u00e2d-Eddine El Otmani, nous mettent en garde contre les faux espoirs. Et fixent une autre date, 18 mai, pour mettre les choses dans leur juste perspective et donner du sens \u00e0 tout le travail abattu par les services de l\u2019Etat. 48 heures avant la date th\u00e9orique du d\u00e9confinement, le Chef du gouvernement pr\u00e9sentera la strat\u00e9gie ad hoc devant les deux Chambres du Parlement. Le plan en sera d\u00e9clin\u00e9 le 18 mai devant les repr\u00e9sentants puis le lendemain devant les conseillers. Invit\u00e9 \u00e0 en parler sur le plateau d\u2019une \u00e9mission sp\u00e9ciale, hier soir, sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision \u00abAl Oula\u00bb, El Otmani a r\u00e9pondu \u00e0 un torrent de questions techniques, mais est rest\u00e9, sur le fond, dans l\u2019obligation de r\u00e9serve qui colle \u00e0 son statut. Notamment sur le co\u00fbt \u00e9conomique de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence, la facture sociale r\u00e9elle, les sc\u00e9narii du d\u00e9confinement, la reprise de la vie normale dans le pays, en somme&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>On ne peut pas reprocher au Chef de l\u2019Ex\u00e9cutif d\u2019\u00eatre ce qu\u2019il est&nbsp;: le plus haut responsable dans la hi\u00e9rarchie du gouvernement, et donc le comptable de celui-ci en mati\u00e8re de d\u00e9clarations engageant la politique sanitaire et s\u00e9curitaire du pays. C\u2019est l\u2019esprit de la m\u00e9canique parlementaire. Les \u00e9lus de la Nation d\u00e9battront dans les deux Chambres de l\u2019H\u00e9micycle et l\u2019Ex\u00e9cutif en prendra acte en d\u00e9cr\u00e9tant ce qui devrait se passer pour l\u2019apr\u00e8s-20 mai. Le Maroc entamera alors (peut-\u00eatre) son d\u00e9confinement ou du moins en assouplira les mesures, comme d\u2019autres pays ont commenc\u00e9 le faire en Europe (Allemagne, France, Espagne, Portugal, Belgique, Italie, Pays-Bas\u2026), en Asie (Chine, Inde, Cor\u00e9e du Sud, Isra\u00ebl\u2026), en Afrique (Tunisie, Nig\u00e9ria, Afrique du Sud\u2026), en Am\u00e9rique (Etats-Unis, Canada, Br\u00e9sil\u2026) et en Oc\u00e9anie (Australie, Nouvelle-Z\u00e9lande\u2026). Mais peut-\u00eatre, aussi, que le verdict sera ce que 36 millions de Marocains redoutent. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on reste tous au chaud, pour un troisi\u00e8me tour&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>On le dit et le redit depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie&nbsp;: c\u2019est notre discipline individuelle qui d\u00e9terminera notre lendemain. La cl\u00e9 du d\u00e9confinement est entre nos mains, elle s\u2019appelle conscience de la responsabilit\u00e9 sociale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PAR HASSAN EL ARCH Qui ne vit pas l\u2019actuel confinement comme une chape de plomb&nbsp;? Qui ne s\u2019impatiente pas de replonger dans la dynamique sociale et les plaisirs tout simples de la vie&nbsp;? 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