{"id":5875,"date":"2020-05-01T10:13:33","date_gmt":"2020-05-01T10:13:33","guid":{"rendered":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=5875"},"modified":"2021-06-23T10:15:27","modified_gmt":"2021-06-23T10:15:27","slug":"22-20","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=5875","title":{"rendered":"\u00ab22.20\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>PAR HASSAN EL ARCH<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un peu de p\u00e9dagogie ne fait jamais de mal. En particulier quand il s\u2019agit de l\u2019opinion publique, et non d\u2019initi\u00e9s ou d\u2019experts. Le devoir d\u2019un m\u00e9dia est, entre autres, de rappeler, documenter, recadrer les choses dans leur contexte, rafra\u00eechir les m\u00e9moires\u2026 Qu\u2019est-ce donc que ce projet de loi \u00ab22.20\u00bb autour duquel un \u00e9norme vrai-faux d\u00e9bat est en train d\u2019enfler, depuis quelques jours&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement le d\u00e9finit en ces termes&nbsp;: <em>\u00abun projet de loi qui vise \u00e0 lutter contre les nouvelles tendances de crimes \u00e9lectroniques en renfor\u00e7ant les m\u00e9canismes de d\u00e9fense, sans pour autant porter atteinte \u00e0 la libert\u00e9 de communication num\u00e9rique, forme de libert\u00e9 d\u2019expression garantie par la Constitution\u00bb<\/em>. Le porte-parole de l\u2019Ex\u00e9cutif souligne l\u2019esprit du texte en pointant les formes de cybercrimes qui affectent notamment la s\u00fbret\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, l&#8217;ordre \u00e9conomique du pays, la publication de fake news, la promotion de comportements nuisant \u00e0 la dignit\u00e9 et \u00e0 l\u2019esprit d\u2019autrui, les d\u00e9lits ciblant les mineurs&#8230; Ce faisant, le projet de loi braque les projecteurs sur les d\u00e9veloppeurs de services sur les r\u00e9seaux sociaux et souligne leurs obligations professionnelles et morales. En d\u2019autres termes, la lutte s\u2019intensifie de mani\u00e8re institutionnelle contre les contenus \u00e9lectroniques illicites, subversifs, haineux, radicalisants, destructeurs, antipatriotiques en fin de compte. Et ce n\u2019est qu\u2019un projet de loi. Ce qui signifie qu\u2019il n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 dans le circuit l\u00e9gislatif, mais qu\u2019il fait toujours l\u2019objet d\u2019ajustements, comme le pr\u00e9voit toute d\u00e9marche d\u00e9mocratique qui se respecte.<\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab22.20\u00bb, rappelons-le, a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 le 19 mars dernier en Conseil de gouvernement. Depuis, un toll\u00e9 ahurissant s\u2019en est suivi, nourri et entretenu par une partie de la presse \u00e9lectronique, de concert avec certaines associations, mouvements, collectifs, blogueurs et youtubeurs traditionnellement connus pour leurs r\u00e9flexes \u00e9pidermiques vis-\u00e0-vis de tout ce qui est officiel, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e9manant de l\u2019Ex\u00e9cutif. Leur cr\u00e9do&nbsp;? Le projet de loi est un texte <em>\u00abliberticide\u00bb&nbsp;<\/em>! Regroup\u00e9s sous le hashtag \u00ab#\u064a\u0633\u0642\u0637_\u0642\u0627\u0646\u0648\u0646_2220\u00bb (\u00abA bas la loi 22.20\u00bb), les plus virulents comparent le texte aux <em>\u00ablois adopt\u00e9es par certains gouvernements dictateurs comme la Cor\u00e9e du Nord\u00bb<\/em>, accusant le gouvernement marocain de vouloir profiter du contexte actuel pour limiter la libert\u00e9 d&#8217;expression. Excusez du peu\u2026&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est leur libert\u00e9 de s\u2019exprimer ainsi, on est en d\u00e9mocratie. La n\u00f4tre est de dire que le \u00ab22.20\u00bb n\u2019est pas encore suffisamment dissuasif&nbsp;! Certains Articles (14 et 15 notamment) du projet de loi pr\u00e9voient des peines allant de 6 mois \u00e0 3 ans de prison et une amende de 5.000 \u00e0 50.000 DH contre toute personne qui <em>\u00abappelle \u00e0 boycotter certains produits, biens ou services ou y incite publiquement par le biais des r\u00e9seaux sociaux ou r\u00e9seaux de diffusion ouverts\u00bb<\/em>. La m\u00eame sanction est pr\u00e9vue dans les cas d\u2019incitation du public au retrait massif d\u2019argent aupr\u00e8s des \u00e9tablissements de cr\u00e9dit et organismes assimil\u00e9s. La diffusion de fake news susceptibles de jeter le doute dans l\u2019esprit du grand public, sur la qualit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 de certains produits, est \u00e9galement vis\u00e9e par le projet de loi.<\/p>\n\n\n\n<p>La \u00abmorale\u00bb de l\u2019histoire&nbsp;? Il y en a toujours une, et la voici en l\u2019occurrence, telle qu\u2019on veut nous la vendre en ces temps de conscience nationale \u00e0 cimenter plus que jamais&nbsp;: <em>\u00ablaissez-nous appeler au d\u00e9sordre, inciter \u00e0 la division, promouvoir la violence, r\u00e9pandre le mensonge et d\u00e9stabiliser la soci\u00e9t\u00e9, et si vous comptez nous en emp\u00eacher, alors vous \u00eates contre la libert\u00e9 d\u2019expression et la libert\u00e9 de la presse\u00bb<\/em>. On ne peut pas mieux r\u00e9sumer cet \u00e9tat d\u2019esprit. Les vrais patriotes en auront compris l\u2019antith\u00e8se&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc est en guerre, ces jours-ci. Nul besoin, par contre, de faire ici la moindre p\u00e9dagogie. Une guerre contre la pand\u00e9mie et ses effets d\u00e9vastateurs sur l\u2019\u00e9conomie et sur la soci\u00e9t\u00e9. En essayant de saper le moral des citoyens, en voulant affaiblir les structures de l\u2019Etat, en tirant \u00e0 boulets rouges sur les efforts extraordinaires qu\u2019il d\u00e9ploie pour pr\u00e9server la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 des Marocains en ces temps difficiles, on se d\u00e9clare tout simplement antipatriote. Il n\u2019y a pas d\u2019autres mots.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Maroc est en nous et nous sommes le Maroc. Soyons dignes de notre drapeau.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PAR HASSAN EL ARCH Un peu de p\u00e9dagogie ne fait jamais de mal. En particulier quand il s\u2019agit de l\u2019opinion publique, et non d\u2019initi\u00e9s ou d\u2019experts. Le devoir d\u2019un m\u00e9dia est, entre autres, de rappeler, documenter, recadrer les choses dans leur contexte, rafra\u00eechir les m\u00e9moires\u2026 Qu\u2019est-ce donc que ce projet de loi \u00ab22.20\u00bb autour duquel &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":1323,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[44],"tags":[],"class_list":["post-5875","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-edito"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5875","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5875"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5875\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5876,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5875\/revisions\/5876"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1323"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5875"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5875"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5875"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}