{"id":44829,"date":"2026-05-19T08:36:41","date_gmt":"2026-05-19T07:36:41","guid":{"rendered":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=44829"},"modified":"2026-05-19T08:36:42","modified_gmt":"2026-05-19T07:36:42","slug":"parution-de-ceux-qui-mont-appris-dabdelhak-najib-aux-editions-orion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=44829","title":{"rendered":"Parution de \u00abCeux qui m\u2019ont appris\u00bb d\u2019Abdelhak Najib aux \u00c9ditions Orion"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>L\u2019\u00e9crivain et penseur marocain Abdelhak Najib vient de publier un nouvel essai litt\u00e9raire intitul\u00e9 \u00abCeux qui m\u2019ont appris\u00bb. Un recueil d\u2019hommages et de lecture dans des univers litt\u00e9raires et philosophiques qui ont marqu\u00e9 l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>MOHAMED HATTAB<\/p>\n\n\n\n<p>Po\u00e8te et sp\u00e9cialiste des litt\u00e9ratures<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Abdelhak Najib, lire est une n\u00e9cessit\u00e9 vitale et un mode d\u2019existence. Lire pour \u00e9crire. Lire pour conna\u00eetre, pour savoir, pour approfondir sa vision du monde. Lire et reconna\u00eetre les grands penseurs et auteurs de l\u2019humanit\u00e9 qui ont cette capacit\u00e9 de nous aider \u00e0 y voir plus clair, \u00e0 mieux penser, \u00e0 ne pas se leurrer et \u00e0 nourrir son go\u00fbt pour la pens\u00e9e s\u00e9rieuse, pour l\u2019\u00e9criture sans concession. C\u2019est cela l\u2019univers analytique de Abdelhak Najib qui nous dit d\u2019embl\u00e9e&nbsp;: \u00ab\u00c9crire aujourd\u2019hui, dans ce monde \u00e0 la fois stupide, laid, m\u00e9diocre, futile, inint\u00e9ressant, st\u00e9rile et gr\u00e9gaire est un acte de r\u00e9silience et de r\u00e9sistant. Pour moi, l\u2019acte le plus r\u00e9volutionnaire aujourd\u2019hui est de ne pas c\u00e9der une once de sa capacit\u00e9 de refuser la m\u00e9diocrit\u00e9 devenue la norme dans des soci\u00e9t\u00e9s frapp\u00e9s de normopathie chronique et aigue. R\u00e9fl\u00e9chir, penser, faire fonctionner ses m\u00e9ninges n\u2019est pas donn\u00e9 \u00e0 tout le monde. C\u2019est pour cette raison que l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des gens jugent au lieu de penser. C\u2019est la m\u00eame force qu\u2019exige la r\u00e9volte de l\u2019individu contre le formatage du cerveau humain par la pens\u00e9e unique, qui nivelle par le bas et emp\u00eache les individus d\u2019\u00eatre diff\u00e9rent dans des soci\u00e9t\u00e9s normatives. Ne pas faire partie du troupeau est un acte r\u00e9volutionnaire. Ne pas penser comme la majorit\u00e9 est un acte de s\u00e9dition \u00bb. C\u2019est dans cette d\u00e9marche que s\u2019inscrit ce nouvel essai litt\u00e9raire du penseur marocain, \u00e0 qui l\u2019on doit d\u00e9j\u00e0, dans la m\u00eame veine \u00abLe fil d\u2019Ariane\u00bb, \u00abLe visible et l\u2019invisible\u00bb, \u00ables penseurs de ma vie\u00bb et \u00abLes g\u00e9ographies de l\u2019errance\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Donner corps \u00e0 une \u0153uvre complexe<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour Abdelhak Naji, \u00e9crire sur les univers litt\u00e9raires de grandes figures de la pens\u00e9e et de la litt\u00e9rature universelle, est un acte de r\u00e9sistance face \u00e0 la m\u00e9diocrit\u00e9, aujourd\u2019hui \u00e9rig\u00e9e comme litt\u00e9rature, partout dans le monde, avec des \u00e9crivaillons et des plumitifs qui recyclent leur platitude \u00e0 grand renfort de m\u00e9dias tout aussi m\u00e9diocres. D\u2019ailleurs, cette vision cadre avec son travail qui s\u2019\u00e9labore en \u0153uvre dense et s\u00e9rieuse, avec un travail profond en philosophie et en histoire humaine. \u00abC\u2019est en effet une vision qui va dans le sens de donner corps \u00e0 une \u0153uvre complexe sans \u00eatre compliqu\u00e9e, m\u00ealant philosophie, po\u00e9sie, roman et sciences humaines, avec des ouvertures et des interp\u00e9n\u00e9trations avec l\u2019anthropologie, l\u2019arch\u00e9ologie, la philologie, l\u2019alchimie, les sciences dites occultes, l\u2019histoire du monde, la succession des civilisations et des cultures, la physique, la chimie, l\u2019apport important des math\u00e9matiques, sans oublier le regard profond sur l\u2019histoire des arts, sur l\u2019architecture, la musique, le cin\u00e9ma et d\u2019autres sources de connaissance, qui, pour moi, sont essentielles pour pouvoir pr\u00e9tendre entamer une certaine lecture du monde, de la vie, pour \u00e9galement essayer de comprendre, \u00e0 travers les imbrications de toutes ces sources du savoir, le sens m\u00eame de notre existence en tant qu\u2019homme dans ce monde\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>On le voit bien, pour Abdelhak Najib, on ne peut pr\u00e9tendre \u00e9crire sans verser dans les nombreuses et infinies disciplines du savoir humain. Il faut \u00eatre un chercheur, un assoiff\u00e9 de lecture, un grand curieux qui scrute tous les domaines pour avoir une vision plus ou moins large de son propos. \u00abCultiver sa diff\u00e9rence est un attentat contre l\u2019ordre \u00e9tabli. Toute mon \u0153uvre verse dans cette lutte contre l\u2019embrigadement des masses par la dictature de la pens\u00e9e unique qui frappe la plan\u00e8te toute enti\u00e8re. Un v\u00e9ritable penseur part toujours de ses exp\u00e9riences de vie pour porter un regard multiple et juste sur la vie et sur le monde o\u00f9 il \u00e9volue. Le v\u00e9cu est le puits intarissable qui nous permet d\u2019y voir clair. L\u2019apprentissage de la vie par les situations, les rencontres, les voyages, les impr\u00e9vus, les \u00e9preuves, la souffrance, la conscience au monde\u2026 Ce sont ces \u00e9l\u00e9ments qui constituent notre logique de pens\u00e9e\u00bb, souligne Abdelhak Najib.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Il y a lectures et lectures\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dire que dans cet ouvrage, il est question de libert\u00e9 de penser, de r\u00e9sistance face \u00e0 la platitude du monde, de refus de la futilit\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 humaine livr\u00e9e en p\u00e2ture \u00e0 la superficialit\u00e9 et la b\u00eatise la plus criarde. Dans ce sens, Abdelhak Najib nous rappelle \u00e0 juste titre que \u00abNos choix philosophiques et litt\u00e9raires, que nos inclinations esth\u00e9tiques et artistiques, que nos pr\u00e9occupations humaines d\u00e9finissent, dans une large mesure, notre sens de la libert\u00e9. Ils impactent notre approche de notre propre identit\u00e9. Ils sont \u00e0 la source de notre place au sein de ce monde dans la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 nous agissons et r\u00e9agissons. Mais il y a aussi mes lectures, mes recherches, mes voyages dans la pens\u00e9e universelle, les films que j\u2019ai vus et revus, les artistes qui m\u2019ont nourri et inspir\u00e9, les grands esprits qui ont apport\u00e9 de la puissance \u00e0 mon acuit\u00e9 d\u2019observateur, d\u2019analyste et de penseur\u00bb. Partant de ce postulat incontournable pour l\u2019auteur, il est clair que ce qui fait aujourd\u2019hui l\u2019intensit\u00e9 et la particularit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre d\u2019Abdelhak Najib d\u00e9coule de ses lectures et de ses travaux sur les \u0153uvres de grandes figures de la pens\u00e9e humaine&nbsp;: \u00abLire les pr\u00e9socratiques, passer des ann\u00e9es \u00e0 cheminer dans la philosophie, se sentir tr\u00e8s proche de Nietzsche, Heidegger, Wittgenstein, Cic\u00e9ron, Marc Aur\u00e8le, Ma\u00eetre Eckhart, Spinoza, Leibniz, Schopenhauer, Russel, Husserl, Tacite, Socrate, H\u00e9raclite, Zoroastre et d\u2019autres. Cela change votre degr\u00e9 de vigilance face \u00e0 des pens\u00e9es que je qualifi\u00e9 de basiques et gr\u00e9gaires. Car toutes les lectures ne se valent pas. Lire Hesse, Mann, Dosto\u00efevski, Kafka, Proust, Beckett, Joyce, Bernard Shaw, Woolf, Char, Perse, Cossery, Melville, Hamsun, Mishima, Kawabata, Dante, La Rochefoucauld, Cioran, Mounif, Al Koni, De Unamuno, Pascal, Montaigne, Miller, Durrell, Conrad, Rimbaud, Hikmet, Ma\u00efakovski, Mandelstam\u2026 Ce n\u2019est pas la m\u00eame chose que de lire des auteurs de gare. Chercher le sens de l\u2019art chez Da Vinci, Michel-Ange, De La Tour, Poussin, Braque, Picasso, De Sta\u00ebl, Rothko, De Kooning, Chagall, Matisse, Modigliani, Rauschenberg, Pollock\u2026 Ou alors dans l\u2019art pari\u00e9tal, la magie des grottes comme Lascaux ou Altamira, puiser le savoir secret chez Z\u00e9non, Zosime, Nicolas Flamel, Michael Meier, Basile Valentin, Paracelse, Fulcanelli\u2026 Lire Einstein, Heisenberg, Schr\u00f6dinger, Planck, Bohr, Dirac, Marie Curie et Tesla ; \u00eatre alerte en c\u00f4toyant des esprits comme Bach, Mozart, Beethoven, Wagner, Dvorak, Tcha\u00efkovski, Prokofiev, Chostakovitch, Verdi, Albinoni, Mahler, Brahms et tant d\u2019autres grands compositeurs\u2026 C\u2019est boire un autre type de nectar et avoir un palais tr\u00e8s sensible \u00e0 une autre forme d\u2019ambroisie. C\u2019est ce qui fait la diff\u00e9rence entre les uns et les autres. C\u2019est ce qui fait que rares sont ceux qui pensent pour le monde et ceux qui scribouillent pour les r\u00e9seaux sociaux\u00bb, pr\u00e9cise Abdelhak Najib.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Au fond, c\u2019est quoi \u00abcr\u00e9er\u00bb&nbsp;?<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette configuration \u00e0 la fois simple et complexe, on note que pour pr\u00e9tendre \u00e0 l\u2019\u00e9criture dans son sens noble, il faut travailler, apprendre, chercher avec assiduit\u00e9, douter, se tromper et ne jamais abandonner cette qu\u00eate du savoir, qui est la condition premi\u00e8re pour appr\u00e9hender le monde et l\u2019humain en nous. \u00abL\u2019\u00e9criture pour moi est un besoin visc\u00e9ral. C\u2019est un acte de vie. Cr\u00e9er, pour moi, c\u2019est me donner la possibilit\u00e9 de vivre plusieurs fois. Cela me permet d\u2019aller dans mes recoins les plus secrets. Cela me r\u00e9v\u00e8le \u00e0 moi-m\u00eame, dans ma complexit\u00e9, dans mes travers, dans mes douleurs muettes, dans mes aspirations, dans mes doutes, mes attentes, mes r\u00eaves inavou\u00e9s, mes espoirs, ma d\u00e9sesp\u00e9rance dans un monde en d\u00e9sh\u00e9rence. \u00c9crire, faire des films, vivre, cela participe du m\u00eame besoin de me sentir vivant, de vibrer avec chaque instant, de mesurer ma capacit\u00e9 d\u2019accepter ce qui arrive, de r\u00e9sister \u00e0 la d\u00e9ch\u00e9ance humaine, de rester au plus pr\u00e8s de mes valeurs et mon \u00e9thique d\u2019homme libre, qui se bat pour chaque iota de son humanit\u00e9 dans un univers d\u00e9shumanis\u00e9. \u00c9crire, produire, r\u00e9fl\u00e9chir, penser, imaginer, dire, taire, refuser, sentir, c\u2019est partager son \u00eatre le plus profond avec le monde, c\u2019est aller au bout de soi, comme un p\u00e8lerin qui a choisi les chemins vierges, les sentiers isol\u00e9s, les routes que personne ne veut ou ne peut prendre pour se d\u00e9couvrir \u00e0 chaque pas qu\u2019il fait. Penser pour moi, c\u2019est oser \u00e9crire ce que d\u2019autres ne peuvent m\u00eame pas imaginer. C\u2019est rendre lisible ce que d\u2019autres n\u2019osent m\u00eame pas formuler en secret. \u00c9crire est pour moi un d\u00e9fi \u00e0 l\u2019ordre \u00e9tabli. C\u2019est une aventure terrible et exigeante, celle d\u2019un homme qui cherche un chat noir, dans une chambre noire, sachant que le chat n\u2019y est pas\u00bb, conclut Abdelhak Najib.<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00abCeux qui m\u2019ont appris\u00bb par Abdelhak Najib. \u00c9ditions Orion. 200 pages. Juin 2026.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9crivain et penseur marocain Abdelhak Najib vient de publier un nouvel essai litt\u00e9raire intitul\u00e9 \u00abCeux qui m\u2019ont appris\u00bb. Un recueil d\u2019hommages et de lecture dans des univers litt\u00e9raires et philosophiques qui ont marqu\u00e9 l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9. 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