{"id":44148,"date":"2026-04-22T09:35:01","date_gmt":"2026-04-22T08:35:01","guid":{"rendered":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=44148"},"modified":"2026-04-22T09:35:01","modified_gmt":"2026-04-22T08:35:01","slug":"les-festival-national-des-arts-populaires-revient-pour-une-55eme-edition-haute-en-rythmes-et-en-couleurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=44148","title":{"rendered":"Les Festival National des Arts Populaires revient pour une 55\u00e8me \u00e9dition haute en rythmes et en couleurs"},"content":{"rendered":"\n<p>Cinquante-cinq ans. Cinquante-cinq ann\u00e9es durant lesquelles Marrakech a ouvert les bras \u00e0 la beaut\u00e9 vivante de tout un peuple. Ses danses sacr\u00e9es, ses chants mill\u00e9naires, ses costumes brod\u00e9s d&#8217;histoires. Le Festival National des Arts Populaires revient du 2 au 6 juillet prochain. Une pl\u00e9nitude de grandes c\u00e9l\u00e9brations, portant pour th\u00e8me une philosophie enti\u00e8re \u00abLes arts populaires, tr\u00e9sors d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le rythme dans la culture marocaine est un langage originel, ant\u00e9rieur \u00e0 l\u2019\u00e9criture \u00e0 m\u00eame la parole articul\u00e9e. Et les symboles, ces motifs brod\u00e9s sur les tenues traditionnelles de chaque r\u00e9gion, racontent des cosmogonies qui ont travers\u00e9 les \u00e2ges sans se laisser consumer. Le tout, c\u2019est affirmer que ce qui est ancien peut \u00eatre le plus vivant. La transmission n\u2019est que gr\u00e2ce. Et chaque g\u00e9n\u00e9ration qui re\u00e7oit cet h\u00e9ritage le remet en mouvement, comme un acte de foi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>L&#8217;\u00e2me du Maroc, vivante et plurielle<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les arts populaires marocains incarnent des forces de vie, travers\u00e9es de feu et de souffle, qui se r\u00e9inventent \u00e0 chaque g\u00e9n\u00e9ration sans jamais trahir leur source. L\u2019Ahidous des tribus de l&#8217;Atlas&nbsp;: danse collective o\u00f9 les corps ondulent \u00e0 l&#8217;unisson comme une for\u00eat sous le vent du soir&nbsp;; porte en elle la philosophie enti\u00e8re d&#8217;un peuple qui a choisi la gr\u00e2ce du geste pour dire ce que les mots ne peuvent contenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Gnaoua, h\u00e9ritiers d&#8217;une transe sacr\u00e9e venue des profondeurs de l&#8217;Afrique, font vibrer leurs guembris jusqu&#8217;au tr\u00e9fonds des poitrines. Les troupes de Taskiwin du Souss brandissent leurs poignards cisel\u00e9s au rythme de tambours dont l&#8217;\u00e9cho se confond avec le battement du c\u0153ur. Chaque r\u00e9gion du royaume envoie ici ses plus beaux \u00e9missaires : ses couleurs, ses rites, ses m\u00e9moires charnelles, pour que le Maroc se contemple dans toute sa splendeur plurielle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Palais Badi\u00e2, une splendeur sous les \u00e9toiles<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est des lieux que le temps n&#8217;a pas d\u00e9truits; il les a r\u00e9v\u00e9l\u00e9s. B\u00e2ti au 16<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle par le sultan Ahmed El-Mansour, que ses contemporains nomm\u00e8rent le Dor\u00e9 pour l&#8217;\u00e9clat \u00e9blouissant de ses victoires. Le Palais Badi\u00e2 fut jadis la merveille des merveilles&nbsp;: ambassadeurs d&#8217;Orient et d&#8217;Occident s&#8217;y perdaient dans des jardins travers\u00e9s de canaux o\u00f9 se miraient les reflets du ciel. Les si\u00e8cles en ont fait une magie&nbsp;: des murailles couleur de sang s\u00e9ch\u00e9 ouvertes sur l&#8217;infini du firmament, des arcades sans plafonds o\u00f9 les cigognes nichent en silence, un espace o\u00f9 le vide lui-m\u00eame a une pr\u00e9sence.<\/p>\n\n\n\n<p>C&#8217;est l\u00e0, dans cette belle grandeur, que se tient le spectacle principal du festival, sous la vo\u00fbte d&#8217;un ciel sans fronti\u00e8res, sur une sc\u00e8ne que l&#8217;histoire a consacr\u00e9e avant m\u00eame que les premiers artistes arrivent, il y a 55 ans. Les soir\u00e9es du Badi\u00e2 est une exp\u00e9rience que l&#8217;on re\u00e7oit, la laissant s&#8217;inscrire dans les \u00e2mes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Jama\u00e2 El-Fna, le premier th\u00e9\u00e2tre du monde&nbsp;!<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il serait pr\u00e9somptueux de pr\u00e9tendre d\u00e9crire Jama\u00e2 El-Fna&#8230; Cette place est en \u00e9tat de gr\u00e2ce permanent. Class\u00e9e chef-d\u2019\u0153uvre du patrimoine oral et immat\u00e9riel de l&#8217;humanit\u00e9 par l&#8217;UNESCO, elle ob\u00e9it \u00e0 ses propres lois, ses propres mar\u00e9es, ses propres myst\u00e8res. Le matin se tient encore dans le silence blond de l&#8217;aube. Puis elle se peuple, se densifie, se d\u00e9multiplie&nbsp;: les conteurs des Halqas tendent leur voix comme un fil d&#8217;or que l&#8217;auditoire retient de tout son \u00eatre; les joueurs de bendirs impriment des rythmes que le corps comprend avant m\u00eame que l&#8217;esprit les reconnaisse; les acrobates de Taroudant d\u00e9fient la pesanteur avec une d\u00e9sinvolture qui confine au sacr\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque la sc\u00e8ne publique du festival s&#8217;y d\u00e9ploie, elle r\u00e9v\u00e8le ce que cette place a toujours su \u00eatre&nbsp;: l&#8217;espace originel, vivant et insoumis, o\u00f9 la culture populaire n&#8217;a jamais cess\u00e9 d&#8217;\u00eatre un acte de r\u00e9sistance joyeuse contre l&#8217;oubli.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>La Nuit des Stars&nbsp;: hommage \u00e0 Zina Daoudia<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les soir\u00e9es qui marqueront cette 55<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9dition, l&#8217;une brille d&#8217;un \u00e9clat particulier. La Nuit des Stars rendra hommage \u00e0 Zina Daoudia (photo). Cette voix inimitable qui incarne \u00e0 elle seule la joie visc\u00e9rale du cha\u00e2bi marocain. Son timbre chaud comme la terre d&#8217;\u00e9t\u00e9, ses refrains qui traversent les g\u00e9n\u00e9rations et les fronti\u00e8res sans jamais vieillir. Zina Daoudia est l&#8217;une de ces artistes rares dont l&#8217;\u0153uvre appartient non pas \u00e0 une carri\u00e8re mais \u00e0 une m\u00e9moire collective.<\/p>\n\n\n\n<p>Lui rendre hommage ici, dans la cit\u00e9 ocre, sous les cieux de Marrakech, c&#8217;est reconna\u00eetre que la culture populaire a ses artistes f\u00e9minines&nbsp;; et qu&#8217;elles m\u00e9ritent d&#8217;\u00eatre c\u00e9l\u00e9br\u00e9es avec toute la ferveur qu&#8217;elles ont consacr\u00e9e \u00e0 leur art.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Cinquante-cinq ans. Ce chiffre me bouleverse chaque fois que j&#8217;y pense, parce qu&#8217;il est une promesse tenue. La promesse que nous avons faite, g\u00e9n\u00e9ration apr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ration, \u00e0 ceux qui nous ont transmis leurs danses, leurs chants, leurs costumes cousus de patience et d&#8217;amour. Quand je regarde entrer en sc\u00e8ne, une troupe venue du fin fond du Haut-Atlas ou des confins du Sahara, je vois des gardiens de notre tr\u00e8s cher patrimoine. Des hommes et des femmes qui ont choisi de porter sur leurs \u00e9paules ce que beaucoup auraient laiss\u00e9 tomber. Il y a dans ce choix une noblesse que les mots effleurent \u00e0 peine.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette ann\u00e9e, rendre hommage \u00e0 Zina Daoudia, c&#8217;est annoncer que la beaut\u00e9 populaire n&#8217;est pas une beaut\u00e9 de second rang. Elle est premi\u00e8re. Elle est la souche. Et tant que ce festival existera, elle sera d\u00e9fendue avec tout ce que nous avons&nbsp;; avec notre c\u0153ur entier\u00bb r\u00e9v\u00e8le Mohamed Knidiri, Pr\u00e9sident du Festival National des Arts Populaires de Marrakech.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cinquante-cinq ans. Cinquante-cinq ann\u00e9es durant lesquelles Marrakech a ouvert les bras \u00e0 la beaut\u00e9 vivante de tout un peuple. Ses danses sacr\u00e9es, ses chants mill\u00e9naires, ses costumes brod\u00e9s d&#8217;histoires. Le Festival National des Arts Populaires revient du 2 au 6 juillet prochain. 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