{"id":42084,"date":"2026-02-03T09:43:01","date_gmt":"2026-02-03T08:43:01","guid":{"rendered":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=42084"},"modified":"2026-02-03T09:43:01","modified_gmt":"2026-02-03T08:43:01","slug":"triple-evenement-artistique-au-musee-dart-contemporain-africain-al-maaden","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=42084","title":{"rendered":"Triple \u00e9v\u00e9nement artistique au Mus\u00e9e d\u2019Art Contemporain Africain Al Maaden"},"content":{"rendered":"\n<p>Statues Also Breathe de la Catharsis Arts Foundation, Crazy Lines de Yassine Balbzioui et \u00abIl\u00e0 Tur\u00e0b\u00bb de Fatiha Zemmouri&nbsp;: le Mus\u00e9e d\u2019Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL) pr\u00e9sentera, le 8 f\u00e9vrier prochain, trois nouvelles installations ainsi qu\u2019une nouvelle s\u00e9lection d\u2019\u0153uvres issues de sa collection dans le cadre de son parcours permanent.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son parcours permanent, le MACAAL r\u00e9serve en effet trois espaces \u00e0 des installations temporaires en r\u00e9sonance avec les th\u00e9matiques du mus\u00e9e. L\u2019Atrium accueille Statues Also Breathe, un projet sculptural collaboratif de l\u2019artiste Prune Nourry, accompagn\u00e9 d\u2019un documentaire retra\u00e7ant sa r\u00e9alisation. L\u2019escalier du mus\u00e9e investi par Crazy Lines, une installation in situ sign\u00e9e Yassine Balbzioui. L\u2019Artist Room accueillera \u00abIl\u00e0 Tur\u00e0b\u00bb, une \u0153uvre immersive et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de Fatiha Zemmouri.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Une \u0153uvre de m\u00e9moire et de r\u00e9silience<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le MACAAL pr\u00e9sente Statues Also Breathe, un projet sculptural majeur qui c\u00e9l\u00e8bre la puissance du collectif. Soutenue par la Catharsis Arts Foundation, cette installation nait d\u2019une collaboration entre le D\u00e9partement des beaux- arts et arts appliqu\u00e9s de l\u2019Universit\u00e9 Obafemi-Awolowo \u00e0 Ile-Ife (Nigeria), des \u00e9tudiants venus de tout le Nigeria, des artisanes poti\u00e8res, les familles des \ufb01lles de Chibok, alors lyc\u00e9ennes, port\u00e9es disparues \u00e0 la suite des enl\u00e8vements de Boko Haram en 2014, et l\u2019artiste Prune Nourry. Ancr\u00e9 \u00e0 Ile-Ife, berceau historique de la civilisation Yoruba, ce projet r\u00e9active la tradition ancestrale du travail de la terre cuite appliqu\u00e9 \u00e0 la \ufb01gure humaine, notamment \u00e0 travers la repr\u00e9sentation de t\u00eates sculpt\u00e9es. L&#8217;\u0153uvre, pens\u00e9e comme un ensemble indivisible, se compose de 108 sculptures r\u00e9alis\u00e9es en argile locale, inspir\u00e9es de huit portraits initiaux et model\u00e9es par une multitude de mains. Elle invite \u00e0 se recueillir face \u00e0 la force silencieuse de l\u2019arm\u00e9e d\u2019argile port\u00e9e par Prune Nourry, offrant au visiteur un moment de contemplation et de r\u00e9\ufb02exion.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de l\u2019esth\u00e9tique, Statues Also Breathe porte une mission p\u00e9dagogique et sociale affirm\u00e9e. D\u2019une part, la collaboration transnationale place l\u2019universit\u00e9 nig\u00e9riane au c\u0153ur du processus cr\u00e9atif, assurant une transmission durable des savoirs. D\u2019autre part, l\u2019\u0153uvre agit comme un acte de m\u00e9moire : l\u2019ensemble des sculptures rend hommage aux lyc\u00e9ennes de Chibok et s\u2019inscrit dans une lutte globale pour l\u2019\u00e9ducation des \ufb01lles et le refus de l\u2019oubli. L\u2019installation se prolonge avec un \ufb01lm documentaire donnant voix aux m\u00e8res, aux survivantes et aux participants, faisant du r\u00e9cit une composante essentielle de l\u2019\u0153uvre. La Catharsis Arts Foundation accompagne ce projet pour qu&#8217;il demeure un outil p\u00e9renne de dialogue et de r\u00e9paration \u00e0 travers le monde. Apr\u00e8s ses pr\u00e9sentations \u00e0 Lagos et \u00e0 l\u2019international, le projet poursuit son parcours \u00e0 Marrakech, r\u00e9affirmant l\u2019engagement du mus\u00e9e envers un dialogue artistique \u00e0 la fois po\u00e9tique et socialement conscient.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Une cosmologie visuelle<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Con\u00e7ue sp\u00e9ci\ufb01quement pour le MACAAL, Crazy Lines d\u00e9passe le cadre de l\u2019installation classique pour s\u2019imposer comme une int\u00e9gration artistique au c\u0153ur de l\u2019architecture. Yassine Balbzioui investit l\u2019escalier du mus\u00e9e, lieu de passage, pour y d\u00e9ployer une \u0153uvre immersive pens\u00e9e comme un espace de transition, invitant le visiteur \u00e0 traverser son univers, o\u00f9 le regard se pose autant qu\u2019il circule. Produite entre d\u00e9cembre 2025 et janvier 2026, cette intervention t\u00e9moigne de la ma\u00eetrise de l\u2019artiste et de la densit\u00e9 de sa cosmologie personnelle, fruit d\u2019un travail pr\u00e9paratoire men\u00e9 lors de sa r\u00e9sidence au MACAAL.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019installation combine fresque murale, peintures \u00e0 l\u2019huile et encadrement sculptural, dans une composition dense \u00e9voquant l\u2019id\u00e9e de d\u00e9cor et de mise en sc\u00e8ne. La peinture d\u00e9borde des cadres pour investir l\u2019espace, prolongeant le r\u00e9cit et pla\u00e7ant le visiteur dans une position proche de celle du spectateur de th\u00e9\u00e2tre. Le masque, motif r\u00e9current dans la pratique de l\u2019artiste, devient ici une constante visuelle plus qu\u2019un signe \u00e0 interpr\u00e9ter, renvoyant&nbsp; \u00e0&nbsp; une&nbsp; humanit\u00e9&nbsp; jou\u00e9e,&nbsp; parfois&nbsp; caricaturale, o\u00f9 les personnages semblent enferm\u00e9s dans leurs propres r\u00f4les.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Une \u00e9criture au sol entre terre et travers\u00e9e<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019Artist Room par Fatiha Zemmouri, \u00abIl\u00e0 Tur\u00e0b\u00bb est une intervention au sol compos\u00e9e d\u2019une \u00e9criture en terre r\u00e9alis\u00e9e en calligraphie arabe Diwani. L\u2019installation met en relation deux fragments de phrase dont les trac\u00e9s se croisent et se superposent dans l\u2019espace&nbsp;: \u00abMin Tur\u00e0b\u00bb (\u00abissu de la terre\u00bb) et \u00abIl\u00e0 Tur\u00e0b\u00bb (\u00ab\u00e0 la terre\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9alis\u00e9e in situ, l\u2019\u0153uvre se pr\u00e9sente comme une invitation au silence, un accompagnement m\u00e9ditatif au \ufb01l d\u2019un d\u00e9placement circulaire. \u00c0 partir d\u2019une zone de terre dense, l\u2019\u00e9criture se superpose fortement et devient partiellement illisible. En avan\u00e7ant dans l\u2019espace, cette densit\u00e9 diminue progressivement : les signes se d\u00e9gagent et la phrase \u00abIl\u00e0 Tur\u00e0b\u00bb appara\u00eet de mani\u00e8re de plus en plus lisible, structurant la progression vers un point central.<\/p>\n\n\n\n<p>La terre, utilis\u00e9e comme mat\u00e9riau unique, conserve sa texture et sa fragilit\u00e9. Une partie provient de la r\u00e9gion de Tahanaout, et une autre de l\u2019\u0153uvre. Dans les bras de la terre de Salima Naji, expos\u00e9e l\u2019an dernier dans l\u2019atrium du MACAAL. Con\u00e7ue comme une \u00ab maison \u00bb accueillante, cette \u0153uvre symbolisait la Terre m\u00e8re, origine commune de tous les \u00eatres humains. \u00abIl\u00e0 Tur\u00e0b\u00bb s\u2019inscrit alors comme un geste d\u2019hommage, prolongeant une mati\u00e8re issue d\u2019une \u0153uvre ant\u00e9rieure dans un autre contexte, \u00e0 travers une autre \u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00c0 propos du MACAAL<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Mus\u00e9e d\u2019Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL) de Marrakech est un mus\u00e9e priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif. L\u2019un des premiers du genre sur le continent, le MACAAL est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la promotion de l\u2019art africain \u00e0 travers les diff\u00e9rents programmes d\u2019\u00e9ducation et d\u2019expositions qu\u2019il propose et qui lui permettent de cultiver l\u2019int\u00e9r\u00eat de larges publics. \u00c0 travers l\u2019acquisition et l\u2019exposition des \u0153uvres d\u2019artistes autant \u00e9tablis qu\u2019\u00e9mergents, le mus\u00e9e favorise la compr\u00e9hension de l\u2019art contemporain africain et donne \u00e0 voir l\u2019\u00e9nergie cr\u00e9atrice et la diversit\u00e9 culturelle caract\u00e9ristiques du continent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00c0 propos de la Catharsis Art Foundation<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La Catharsis Arts Foundation est une organisation \u00e0 but non lucratif bas\u00e9e \u00e0 New York, fond\u00e9e en novembre 2023 par la sculptrice Prune Nourry et le journaliste Claude Grunitzky. Elle encourage l\u2019int\u00e9r\u00eat du public pour la gu\u00e9rison par l\u2019art \u00e0 travers des projets collaboratifs, des expositions, des rencontres, des ateliers, des concerts et bien d\u2019autres initiatives. Par son action, elle cr\u00e9e une plateforme qui met en avant les voix marginalis\u00e9es, favorise la compr\u00e9hension mutuelle et g\u00e9n\u00e8re des cercles vertueux durables.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00c0 propos de Yassine Balbzioui<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 en 1972 au Maroc, Yassine Balbzioui est un artiste dont la pratique traverse la peinture, le dessin, la performance et l&#8217;installation. Form\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00c9cole des Beaux-Arts de Casablanca, puis \u00e0 Bordeaux et en Californie, il a d\u00e9velopp\u00e9 un langage visuel unique nourri par ce multiculturalisme. Bien qu&#8217;il se d\u00e9\ufb01nisse avant tout comme peintre, son \u0153uvre se caract\u00e9rise par l&#8217;omnipr\u00e9sence du masque et des \ufb01gures hybrides, interrogeant les notions d&#8217;identit\u00e9 et de transformation. Son travail, \u00e0 la fronti\u00e8re du r\u00e9el et de la \ufb01ction, invite le spectateur \u00e0 remettre en question les normes soci\u00e9tales et notre rapport \u00e0 la nature, comme en t\u00e9moignent ses performances et ses s\u00e9ries picturales expos\u00e9es internationalement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00c0 propos de Fatiha Zemmouri<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Fatiha Zemmouri d\u00e9veloppe un travail \u00e0 partir de mat\u00e9riaux bruts, en lien \u00e9troit avec les environnements naturels dont ils sont issus. Ses recherches prennent la forme d\u2019installations, mais aussi de pi\u00e8ces plus autonomes, o\u00f9 la mati\u00e8re est engag\u00e9e dans des situations de tension, d\u2019\u00e9quilibre et de transformation. Par des gestes sobres de pr\u00e9l\u00e8vement, de d\u00e9placement et de mise en \u00e9quilibre, la mati\u00e8re est d\u00e9plac\u00e9e de son \u00e9tat initial et mise en relation avec le lieu. Les \u0153uvres se construisent dans une \u00e9conomie de moyens, attentive aux forces de gravit\u00e9, de tension et de fragilit\u00e9, et invitent le visiteur \u00e0 une exp\u00e9rience physique de l\u2019espace et du temps. (Photo&nbsp;: Ayoub El Bardii).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Statues Also Breathe de la Catharsis Arts Foundation, Crazy Lines de Yassine Balbzioui et \u00abIl\u00e0 Tur\u00e0b\u00bb de Fatiha Zemmouri&nbsp;: le Mus\u00e9e d\u2019Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL) pr\u00e9sentera, le 8 f\u00e9vrier prochain, trois nouvelles installations ainsi qu\u2019une nouvelle s\u00e9lection d\u2019\u0153uvres issues de sa collection dans le cadre de son parcours permanent. 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