{"id":37503,"date":"2025-08-04T08:41:22","date_gmt":"2025-08-04T07:41:22","guid":{"rendered":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=37503"},"modified":"2025-08-04T08:41:22","modified_gmt":"2025-08-04T07:41:22","slug":"une-vie-ne-suffit-pas-le-tres-attendu-premier-roman-dabdou-achouba-aux-editions-orion-sirius","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=37503","title":{"rendered":"\u00abUne vie ne suffit pas\u00bb, le tr\u00e8s attendu premier roman d\u2019Abdou Achouba aux \u00c9ditions Orion-Sirius"},"content":{"rendered":"\n<p>Par ABDELHAK NAJIB<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9crivain et critique de cin\u00e9ma<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le producteur et r\u00e9alisateur marocain Abdou Achouba annonce la parution prochaine d\u2019un roman, qui revient sur sa vie. Ce n\u2019est pas l\u00e0 un roman autobiographique, mais les pages de cet opus regorgent d\u2019histoires intimes, de rencontres avec de grandes figures du monde des arts, de la culture et du cin\u00e9ma\u2026 Et surtout, c\u2019est le roman d\u2019une vie.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En lisant \u00abLe monde comme volont\u00e9 et comme repr\u00e9sentation\u00bb d\u2019Arthur Schopenhauer, je retrouve avec bonheur cette saillie qui r\u00e9sume \u00e0 elle seule ce que peut \u00eatre la vie d\u2019un homme, qui a su cheminer dans le monde tel un aventurier, un explorateur, un p\u00e8lerin, un errant, qui ne soucie gu\u00e8re de la destination et que seul le chemin attire. Le philosophe allemand dit ceci&nbsp;: \u00abComment peut-on pr\u00e9tendre avoir v\u00e9cu sans avoir une histoire \u00e0 raconter&nbsp;?\u00bb. La m\u00eame phrase est reprise chez F\u00e9odor Dosto\u00efevski, chez Franz Kafka, chez Robert Musil et chez Marcel Proust. D\u2019ailleurs, le roman d\u2019Abdou Achouba a quelque chose d&#8217;\u00ab\u00c0 la recherche du temps perdu\u00bb. Les souvenirs, les r\u00e9miniscences, les non-dits, les suggestions, les r\u00eaves, ceux que l\u2019on finit par r\u00e9aliser et les autres, qui doivent \u00e0 tout jamais demeurer des r\u00eaves intangibles et inatteignables, comme des lanternes qui nous servent de boussole, dans cette vie et au c\u0153ur du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ceux qui connaissent Abdou Achouba, inutile de rappeler que nous sommes face \u00e0 un parcours unique et si diversifi\u00e9. Journaliste avant l\u2019heure, reporter, \u00e9tudiant dou\u00e9, dipl\u00f4m\u00e9 de la Sorbonne, professeur \u00e9m\u00e9rite, producteur de films, r\u00e9alisateur de l\u2019inoubliable \u00abTaranja\u00bb, \u00e9crit avec feu Larbi Batma, un des plus grands responsables de l\u2019illustre Cinecitta, \u00e0 Rome, ayant fr\u00e9quent\u00e9 les plus grands de ce monde, d\u2019Orson Welles \u00e0 Chadi Abdessalam en passant par toute une pl\u00e9iade de grands acteurs, actrices, cin\u00e9astes et producteurs qui ont \u00e9crit quelques-unes des plus belles pages du cin\u00e9ma.<\/p>\n\n\n\n<p>Grand connaisseur du cin\u00e9ma, critique averti, ami de Serge Daney, grande figure des \u00abCahiers du Cin\u00e9ma\u00bb, il a \u00e9t\u00e9 nourri au contact d\u2019univers aussi profonds et humains que ceux de Visconti, Pasolini, Scola, Leone, Fellini, Bertolucci, De Sica, Rossellini, Antonioni, Zeffirelli, mais aussi Germi, Comencini et Risi. Sans oublier Francesco Rosi, Gilo Pontecorvo, Ermanno Olmi et Nanni Moretti. \u00c9videmment cette liste de connaissances peut s\u2019\u00e9largir \u00e0 tous ceux qui ont offert \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 quelques-uns des films les plus inoubliables des 20<sup>\u00e8me<\/sup> et 21<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cles, de Tarkovski \u00e0 Coppola en voyageant \u00e0 travers les univers disparates de Scorsese, De Palma, Godard, Chahine, Lynch, Kubrick, Kurosawa, Ray, G\u00fcney, Haneke, Wenders, Kontchalovski et tant d\u2019autres.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est cette m\u00eame profondeur que l\u2019on retrouve dans son roman dont voici un extrait de la pr\u00e9sentation faite par l\u2019auteur lui-m\u00eame&nbsp;: \u00abIl ne vaut la peine de vivre que ce qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu, ni de rien dire que ce qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 dit\u00bb. Ce roman venu tard dans ma vie n\u2019est pas une biographie car, comme l\u2019\u00e9crivait la grande Elsa Morante, \u00abLa biographie n\u2019est qu\u2019une suite de potins\u00bb. Ce que j\u2019ai trait\u00e9, par \u00e9pisodes, sont des histoires r\u00e9elles de ma vie, depuis mon enfance, les instructions re\u00e7ues et mes riches exp\u00e9riences avec des personnes d\u2019exception au Maroc, France, Italie et en \u00c9gypte. Mon v\u00e9cu, dans ces quatre grands pays, n\u2019\u00e9tait pas un mais plusieurs r\u00eaves&nbsp;! Au commencement, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 6-8 ans, mon renvoi de l\u2019\u00e9cole coranique o\u00f9 j\u2019\u00e9tais pris par le ma\u00eetre religieux en flagrant d\u00e9lit de caresses et touch\u00e9es du bas du ventre de ma cousine\u2026 Nous \u00e9tions cach\u00e9s par nos propres planches d\u2019\u00e9tude o\u00f9 \u00e9tait transcrit le verset sacr\u00e9\u00bb. A la fois intime vers\u00e9 dans les m\u00e9andres d\u2019une vie dont le destin a fait un carrefour de belles rencontres qui finissent, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, par fa\u00e7onner une trajectoire humaine, qui est demeur\u00e9e attach\u00e9e \u00e0 la simplicit\u00e9 de la vie et \u00e0 la rigueur de celui qui aborde l\u2019existence comme l\u2019artiste son \u0153uvre d\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p>Abdou Achouba nous livre \u00e0 travers toutes ces pages le condens\u00e9 romanc\u00e9 d\u2019un p\u00e8lerinage \u00e0 la rencontre de soi, \u00e0 travers les autres, \u00e0 travers le don de vie et de ses revers, mais surtout \u00e0 travers la destin\u00e9e d\u2019un homme qui aime la vie et qui la c\u00e9l\u00e8bre&nbsp;: \u00abSous les tro\u00e8nes de la Villa Leone, dans le 14<sup>\u00e8me<\/sup> Arrondissement parisien, o\u00f9 elle avait son atelier d\u2019artiste, nous recevions beaucoup de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s, Mouloudji, Maxime Le Forestier, Jean Louis Bory, Jean Louis Godard m\u00eame, Serge Daney et l\u2019inoubliable, la sublime actrice am\u00e9ricaine Jean Seberg. L\u2019\u00e9t\u00e9 1978, un an avant son suicide, et celui de son mari-protecteur Romain Gary, elle \u00e9tait notre invit\u00e9e surprise. Je m\u2019installais en face d\u2019elle m\u2019occupant exclusivement d\u2019elle en s&#8217;abreuvant de champagne et de grands crus fran\u00e7ais\u2026 esp\u00e9rant un mot, souhaitant une conversation&nbsp;! Qui de notre g\u00e9n\u00e9ration n\u2019avait pas r\u00eav\u00e9 de cette adolescente, en coupe gar\u00e7on, devenue l\u2019\u00e9g\u00e9rie de la Nouvelle Vague depuis \u00ab\u00c0 bout de souffle\u00bb de Godard. Elle \u00e9tait, \u00e0 21 ans, celle dont Gary Cooper disait qu\u2019\u00abElle avait appris \u00e0 \u00eatre une star avant de devenir une actrice\u00bb. Elle \u00e9tait l\u00e0, assise comme une statue du ma\u00eetre baroque de la Renaissance Italienne, Bernin, acceptant que je l\u2019abreuve en la regardant du fond de mes yeux emplis de sa blancheur irr\u00e9elle, esp\u00e9rant un mot, un seul mot de toute la soir\u00e9e\u00bb, lit-on dans la m\u00eame pr\u00e9sentation, avant d\u2019ajouter&nbsp;: \u00abIl n\u2019est jamais venu. Il n\u2019y a jamais eu de conversation&nbsp;! Je me nourris de la vie des hommes et des femmes instruits, des journalistes brillants, des cin\u00e9astes cr\u00e9ateurs, et th\u00e9oriciens modernes comme ceux des \u00abCahiers du Cin\u00e9ma\u00bb, des d\u00e9bats passionnants \u00e0 Paris avec Youssef Chahine tard dans la nuit sur l\u2019orientalisme du cin\u00e9ma \u00e9gyptien, sur l\u2019\u00e9toile filante, unique au monde, appel\u00e9e Shadi Abdessalam, auteur pharaonique d\u2019un seul film dans une vie\u2026 Et d\u2019autres, d\u2019autres amis proches venus de toutes les sph\u00e8res du globe\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par ABDELHAK NAJIB \u00c9crivain et critique de cin\u00e9ma Le producteur et r\u00e9alisateur marocain Abdou Achouba annonce la parution prochaine d\u2019un roman, qui revient sur sa vie. 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