{"id":35839,"date":"2025-05-25T12:22:48","date_gmt":"2025-05-25T11:22:48","guid":{"rendered":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=35839"},"modified":"2025-05-25T12:52:40","modified_gmt":"2025-05-25T11:52:40","slug":"festival-de-fes-une-cloture-en-apotheose-entre-poesie-persane-memoire-griotique-et-transe-soufie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=35839","title":{"rendered":"Festival de F\u00e8s : une cl\u00f4ture en apoth\u00e9ose entre po\u00e9sie persane, m\u00e9moire griotique et transe soufie"},"content":{"rendered":"\n<p>La 28\u00e8me \u00e9dition du Festival de F\u00e8s des Musiques Sacr\u00e9es du Monde s\u2019est achev\u00e9e, hier samedi, dans une atmosph\u00e8re d\u2019\u00e9l\u00e9vation et d\u2019\u00e9motion profonde, offrant au public une soir\u00e9e d\u2019une rare intensit\u00e9 spirituelle. Trois spectacles, trois univers, trois traditions musicales majeures ont ponctu\u00e9 cette derni\u00e8re journ\u00e9e du Festival des Musiques Sacr\u00e9es du Monde de F\u00e8s, offrant au public une fresque sonore qui traverse continents, \u00e9poques et cultures.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 17h, dans l\u2019\u00e9crin verdoyant de Jnan Sbil, la d\u00e9licatesse des chants persans a ouvert le bal avec gr\u00e2ce et \u00e9motion.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, \u00e0 21h sur l\u2019esplanade majestueuse de Bab Al Makina, la puissance \u00e9vocatrice des griots d\u2019Afrique de l\u2019Ouest a r\u00e9sonn\u00e9 avant de laisser place \u00e0 l\u2019\u00e9nergie mystique et envo\u00fbtante de la Confr\u00e9rie A\u00efssawa. Une cl\u00f4ture en forme de voyage initiatique au c\u0153ur des musiques de l\u2019\u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>Chants et po\u00e9sies de Perse : la gr\u00e2ce d\u2019un h\u00e9ritage en mouvement<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est la voix cristalline de Sara Eghlimi, accompagn\u00e9e par Milade Mohammadi au &#8220;t\u00e2r&#8221;, Alireza Meghrazi au Kemanche et Roshanak Rafani aux percussions, qui a ouvert la soir\u00e9e. Port\u00e9e par une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de musiciennes et musiciens iraniens, cette formation incarne une tradition mill\u00e9naire en pleine renaissance.<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00ealant le chant libre \u00ab\u00e2v\u00e2z\u00bb et le r\u00e9pertoire compos\u00e9 \u00abtasnif\u00bb, le groupe a offert une interpr\u00e9tation sensible de la musique savante persane, empreinte de mysticisme et de romantisme oriental. Chaque note semblait invoquer les grandes figures de la po\u00e9sie classique, d\u2019Hafez \u00e0 R\u00fbm\u00ee, dans une recherche d\u2019authenticit\u00e9 \u00e9motionnelle plus que de fid\u00e9lit\u00e9 fig\u00e9e \u00e0 la tradition. Le public, suspendu aux inflexions subtiles du chant, a vibr\u00e9 au rythme d\u2019une musique \u00e0 la fois savante et visc\u00e9rale, m\u00e9ditative et intemporelle.<\/p>\n\n\n\n<p>La grande nuit des griots : entre m\u00e9moire, engagement et transmission<\/p>\n\n\n\n<p>Place ensuite \u00e0 l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, \u00e0 Bab Al Makina, avec une rencontre magistrale entre le Mali et le Ghana. Le ma\u00eetre de la kora Ballak\u00e9 Sissoko, entour\u00e9 de son ensemble, a dialogu\u00e9 avec Osei Korankye, l\u2019un des rares virtuoses de la harpe Seperewa, embl\u00e8me musical du peuple Ashanti.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette grande nuit des griots, les spectateurs ont \u00e9t\u00e9 transport\u00e9s au c\u0153ur d\u2019un monde o\u00f9 la musique est parole, et o\u00f9 la parole est sacr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Les griots, v\u00e9ritables gardiens de la m\u00e9moire collective, ont chant\u00e9 l\u2019histoire de Soundiata Ke\u00efta, la grandeur du fleuve Niger, les douleurs de l\u2019exil, mais aussi les d\u00e9fis contemporains : le changement climatique, les mines ill\u00e9gales, les fractures sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>La kora, avec ses 21 cordes et son timbre hypnotique, n\u2019accompagnait pas la voix : elle la prolongeait, la densifiait, en devenant elle-m\u00eame r\u00e9cit. Les pi\u00e8ces interpr\u00e9t\u00e9es (Odibadiourou, Koulandjam, N\u2019todamana) ont rappel\u00e9 combien cette tradition orale, bien qu\u2019\u00e9volutive, reste un socle essentiel de l\u2019identit\u00e9 culturelle mandingue.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Nuits Soufies : la transe mystique des A\u00efssawa<\/p>\n\n\n\n<p>La soir\u00e9e s\u2019est conclue dans la ferveur avec la Confr\u00e9rie A\u00efssawa de Mekn\u00e8s, figure incontournable du soufisme marocain. V\u00e9ritable immersion dans la spiritualit\u00e9 populaire du Royaume, la prestation a commenc\u00e9 dans une atmosph\u00e8re solennelle pour s\u2019\u00e9lever progressivement vers la transe, port\u00e9e par les tambours &#8220;t\u2019bal&#8221;, les &#8220;ghaitas&#8221; puissantes et les invocations collectives.<\/p>\n\n\n\n<p>Leur pr\u00e9sence \u00e0 F\u00e8s, ville sainte et c\u0153ur battant du patrimoine spirituel marocain, prenait ici tout son sens.<\/p>\n\n\n\n<p>Le public, conquis, s\u2019est laiss\u00e9 emporter dans ce tourbillon sonore et \u00e9motionnel, o\u00f9 les fronti\u00e8res entre sc\u00e8ne et auditoire s\u2019effa\u00e7aient dans un moment d\u2019unit\u00e9 profonde.<\/p>\n\n\n\n<p>LAIDIA FAHIM&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La 28\u00e8me \u00e9dition du Festival de F\u00e8s des Musiques Sacr\u00e9es du Monde s\u2019est achev\u00e9e, hier samedi, dans une atmosph\u00e8re d\u2019\u00e9l\u00e9vation et d\u2019\u00e9motion profonde, offrant au public une soir\u00e9e d\u2019une rare intensit\u00e9 spirituelle. 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