{"id":35342,"date":"2025-05-02T16:10:00","date_gmt":"2025-05-02T15:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=35342"},"modified":"2025-05-02T16:18:47","modified_gmt":"2025-05-02T15:18:47","slug":"rendre-visible-le-travailinvisible-des-femmes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=35342","title":{"rendered":"Rendre visible le travail \u00abinvisible\u00bb des femmes"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Par HASSAN EL ARCH<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Directeur de la R\u00e9daction<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>direction@letempsmag.ma<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La femme qui est \u00e9pouse et m\u00e8re, entretient son foyer, \u00e9duque ses enfants, soigne son mari, fait la cuisine pour sa petite tribu et s\u2019investit totalement dans son statut familial, cette femme est-elle trait\u00e9e comme il se doit par la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;? Est-elle reconnue avec justesse et justice dans son extraordinaire d\u00e9vouement&nbsp;? Rien n\u2019est moins s\u00fbr. D\u2019o\u00f9 la question de savoir si une femme, active et salari\u00e9e ou \u00abassign\u00e9e\u00bb aux t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res dans le foyer, a droit \u00e0 une r\u00e9tribution, un \u00abd\u00e9dommagement\u00bb en quelque sorte, pour les corv\u00e9es domestiques qu\u2019elle endosse, tous les jours que Dieu fait\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Cette question est pos\u00e9e depuis une \u00e9ternit\u00e9. La r\u00e9ponse, on s\u2019en doute bien, n\u2019est gu\u00e8re ais\u00e9e. La soci\u00e9t\u00e9 a enferm\u00e9 la moiti\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9 dans un carcan de servitudes conjugales et maternelles o\u00f9 fleurissent les clich\u00e9s, les id\u00e9es re\u00e7ues et les pesanteurs patriarcales. La question a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e dans le cadre d\u2019un int\u00e9ressant conclave organis\u00e9 \u00e0 Casablanca, \u00e0 la veille de la f\u00eate du Travail, par l\u2019Association Tahadi pour l&#8217;\u00c9galit\u00e9 et la Citoyennet\u00e9. Une initiative in\u00e9dite pour d\u00e9noncer un malaise vieux comme le monde\u2026 En l\u2019occurrence, l\u2019\u00abinvisibilisation\u00bb du travail domestique accompli chaque jour par des millions de femmes au Maroc. Avec le soutien d\u2019ONU Femmes Maroc, l\u2019ONG a d\u00e9voil\u00e9 une campagne nationale percutante qui repose sur un symbole fort&nbsp;: un \u00abtablier-manifeste\u00bb o\u00f9 une fiche de poste de travail fictive est s\u00e9rigraphi\u00e9e, listant les t\u00e2ches assum\u00e9es au quotidien par les femmes dans les foyers.<\/p>\n\n\n\n<p>Cuisini\u00e8re, \u00e9ducatrice, infirmi\u00e8re, intendante, planificatrice\u2026 Autant de r\u00f4les endoss\u00e9s sans reconnaissance ni r\u00e9mun\u00e9ration. \u00c0 travers cette \u00abfiche de poste\u00bb imaginaire, l\u2019Association Tahadi pour l&#8217;\u00c9galit\u00e9 et la Citoyennet\u00e9 veut alerter l\u2019opinion publique sur l\u2019ampleur d\u2019une charge invisible qui soutient, silencieusement, la stabilit\u00e9 des familles et de l\u2019\u00e9conomie. \u00abL\u2019initiative s\u2019inscrit dans notre engagement \u00e0 faire progresser l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes au Maroc. En rendant visible le travail invisible, nous contribuons \u00e0 d\u00e9construire les st\u00e9r\u00e9otypes et \u00e0 poser les bases d\u2019un nouveau contrat social au sein des foyers\u00bb, ass\u00e8ne Bouchra Abdou, directrice de l\u2019Association Tahadi pour l&#8217;\u00c9galit\u00e9 et la Citoyennet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Une mise en contexte s\u2019impose, vu l\u2019importance du sujet. En effet, selon le Haut Commissariat au Plan (HCP), les femmes au Maroc consacrent en moyenne 5 heures par jour aux t\u00e2ches domestiques, contre \u00e0 peine 43 minutes pour les hommes. Un d\u00e9s\u00e9quilibre massif qui freine l\u2019\u00e9mancipation \u00e9conomique des femmes et perp\u00e9tue des in\u00e9galit\u00e9s de genre structurelles.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abCh9a Dare Machi 7ogra\u00bb (\u00abLe travail \u00e0 la maison ne doit pas devenir une injustice\u00bb), la campagne s\u2019\u00e9tend jusqu\u2019en septembre 2026. Elle vise \u00e0 r\u00e9duire d\u2019au moins une heure par jour la charge domestique support\u00e9e par les femmes dans les foyers.<\/p>\n\n\n\n<p>Terminons ce plaidoyer en rappelant que ce projet s\u2019inscrit dans le programme r\u00e9gional \u00abDare to Care\u00bb d\u2019ONU Femmes. Qu\u2019on le veuille ou non, un changement structurel s\u2019impose&nbsp;: reconna\u00eetre, valoriser et partager \u00e9quitablement le travail domestique. Car, en d\u00e9finitive, tout travail m\u00e9rite reconnaissance et justice&nbsp;! Et sans \u00e9quit\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du foyer, l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 restera toujours une chim\u00e8re\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par HASSAN EL ARCH Directeur de la R\u00e9daction direction@letempsmag.ma La femme qui est \u00e9pouse et m\u00e8re, entretient son foyer, \u00e9duque ses enfants, soigne son mari, fait la cuisine pour sa petite tribu et s\u2019investit totalement dans son statut familial, cette femme est-elle trait\u00e9e comme il se doit par la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;? 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