{"id":25031,"date":"2023-09-26T13:04:03","date_gmt":"2023-09-26T12:04:03","guid":{"rendered":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=25031"},"modified":"2023-09-26T13:04:04","modified_gmt":"2023-09-26T12:04:04","slug":"marrakech-accueille-le-gotha-mondial-de-la-sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=25031","title":{"rendered":"Marrakech accueille le gotha mondial de la sant\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>Sous le haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, Marrakech abrite du 26 au 29 septembre courant les travaux de la deuxi\u00e8me conf\u00e9rence africaine sur la r\u00e9duction des risques dans sa premi\u00e8re \u00e9dition Sud-Sud, avec la pr\u00e9sence de 83 pays d\u2019Afrique, du Moyen-Orient, d\u2019Asie, d\u2019Am\u00e9rique Latine et d\u2019Oc\u00e9anie, sans oublier plusieurs pays europ\u00e9ens ainsi que les \u00c9tats-Unis, le Japon et le Canada. Les conclaves se pencheront sur quatre th\u00e8mes de grande actualit\u00e9&nbsp;: d\u2019abord la gestion des catastrophes naturelles, suite au s\u00e9isme d\u00e9vastateur qui a frapp\u00e9 la r\u00e9gion d\u2019El Haouz; ensuite, la gestion des ressources hydriques, la protection de l\u2019environnement et la mise en place de programmes efficients et durables pour une souverainet\u00e9 alimentaire en Afrique. Ce grand \u00e9v\u00e9nement r\u00e9unit plusieurs Ministres marocains, africains, asiatiques, latino-am\u00e9ricains, des experts du monde entier, des ambassadeurs, des scientifiques et des chercheurs. L\u2019\u00e9v\u00e9nement est organis\u00e9 par le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 et de la Protection sociale, avec le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, de la P\u00eache maritime, du D\u00e9veloppement rural et des Eaux et For\u00eats et par African Global Health, l\u2019association marocaine pr\u00e9sid\u00e9e par Dr Imane Kendili.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces conclaves sont lanc\u00e9s par le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, en pr\u00e9sence de plusieurs membres de l\u2019Ex\u00e9cutif, avec un message adress\u00e9 aux participants de cette conf\u00e9rence par le Directeur G\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Organisation Mondiale de la Sant\u00e9 (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour souligner le travail effectu\u00e9 par les \u00e9quipes marocaines et leurs partenaires dans le monde pour mettre sur pied la grande charte panafricaine de la r\u00e9duction des risques dans une vision commune de la sant\u00e9 et de la protection sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans nul doute, le plus grand d\u00e9fi pour l\u2019Afrique ainsi que pour toute l\u2019humanit\u00e9, est de trouver des solutions efficaces et durables pour nourrir non seulement les huit milliards d\u2019humains d\u2019aujourd\u2019hui, mais les 10 milliards \u00e0 l\u2019horizon 2050. La situation est telle aujourd\u2019hui que le retard pris dans la gestion de la crise alimentaire nous met face \u00e0 une urgence continentale de premier ordre, car des dizaines de millions d\u2019Africains souffrent de famine quand d\u2019autres millions luttent quotidiennement pour leur survie, dans un continent qui a tous les moyens d\u2019assurer sa souverainet\u00e9 alimentaire en mettant en place des programmes agricoles appropri\u00e9s et des politiques africaines communes de coop\u00e9ration et d\u2019\u00e9changes d\u2019expertises pour assurer aux populations africaines leur nourriture quotidienne, dans la dur\u00e9e, avec une politique tourn\u00e9e vers les d\u00e9fis du futur dans une approche globale des probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et \u00e0 la gestion des ressources hydriques dont regorge l\u2019Afrique, avec des centaines de rivi\u00e8res, des lacs, des fa\u00e7ades maritimes \u00e0 exploiter pour l\u2019eau douce et les stocks destin\u00e9s \u00e0 l\u2019irrigation. Toute une richesse naturelle avec des terres arables, des plateaux fertiles, des for\u00eats et une main-d\u2019\u0153uvre consid\u00e9rable et pr\u00eate \u00e0 mettre les bouch\u00e9es doubles pour relever ce pari agricole pour nourrir plus d\u20191 milliard 460 millions d\u2019Africains. Ce sont exactement les trois axes principaux de cette deuxi\u00e8me conf\u00e9rence africaine sur la r\u00e9duction des risques dans sa premi\u00e8re \u00e9dition Sud-Sud qu\u2019abrite la ville de Marrakech du 26 au 29 septembre courant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Pr\u00e9visions et gestions des catastrophes naturelles<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour cette deuxi\u00e8me Conf\u00e9rence, les questions cruciales d\u2019actualit\u00e9 li\u00e9es \u00e0 la gestion des ressources hydriques dans le continent, \u00e0 la pr\u00e9servation de la nature et la protection de l&#8217;environnement ainsi que les grands d\u00e9fis relevant de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire en Afrique, et partant dans tous les pays du Sud du globe, dont des centaines de millions de citoyens souffrent de malnutrition et de famine, toutes ces th\u00e9matiques n\u00e9cessitent une r\u00e9flexion profonde et des analyses pointues de la part de tous les intervenants, chercheurs, scientifiques, sp\u00e9cialistes, ambassadeurs et ministres de tous les pays qui prennent part aux travaux de cette grande rencontre mondiale. Tous ces sujets br\u00fblants aujourd\u2019hui, dans un monde qui fait face \u00e0 ses pires difficult\u00e9s li\u00e9es au r\u00e9chauffement climatique, au stress hydrique et aux d\u00e9g\u00e2ts engendr\u00e9s par la famine dans le monde, font l\u2019objet d\u2019\u00e9tudes pouss\u00e9es, de d\u00e9bats approfondis et de concertations continues entre toutes les commissions scientifiques dans plusieurs pays, avec des partenaires solides et fiables pour African Global Health dans sa mission de f\u00e9d\u00e9rer tous les pays africains, asiatiques, am\u00e9ricains et europ\u00e9ens autour d\u2019une politique commune de r\u00e9duction des risques qui nous menacent, et ce, \u00e0 plusieurs niveaux, sanitaires, \u00e9cologiques, \u00e9conomiques et humains.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans cet esprit que cette deuxi\u00e8me conf\u00e9rence comprend un volet consacr\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9vision des catastrophes naturelles et \u00e0 la gestion des risques tels que les tremblements de terre, les feux de for\u00eat ou les inondations, avec des approches rationnelles et des analyses \u00e0 la fois efficientes et puis\u00e9es \u00e0 m\u00eame les r\u00e9alit\u00e9s climatiques, g\u00e9ologiques et g\u00e9ographiques de chaque pays et de chaque r\u00e9gion. C\u2019est une occasion concr\u00e8te de tirer toutes les le\u00e7ons de l\u2019impact du s\u00e9isme qui vient de secouer notre royaume en apportant et en partageant notre exp\u00e9rience et notre expertise avec tous les partenaires dans le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette th\u00e9matique, qui rev\u00eat un aspect tr\u00e8s particulier au vu de ce que notre pays vient de vivre suite au tremblement de terre, est trait\u00e9e en profondeur par un panel de grands scientifiques et sp\u00e9cialistes tels que Sanaa Sayegh (Maroc), Wessam Mankola (\u00c9thiopie), Colonel Zineddine Ammamou (Maroc), Ali Ardalan (\u00c9gypte), Edward Wollants (Salvador), Solomone Rataemane (Afrique du Sud), Patrick Mateta (Zimbabwe), Daouda Diouf (S\u00e9n\u00e9gal), Hassan Ibouh (Maroc), Chiara Dimla (Philippines) et Ahmed Benlakhdim (Maroc), Avec des intervenants comme Ertugrul Taciroglu (USA), Diego Verrastro (Argentine), Avraham Rivkind (Isra\u00ebl), Recep Akdag (Turquie) avec Dr Sara Touirsi comme Secr\u00e9taire de cette session et Dr David Khayat (France) comme mod\u00e9rateur ainsi que Dr Daniela Munene (du Kenya).La s\u00e9ance inaugurale du mercredi 27 septembre mettra en lumi\u00e8re sur les grands d\u00e9fis qui attendent le monde dans la pr\u00e9vision et la gestion des catastrophes naturelles, notamment les s\u00e9ismes, mais aussi les inondations, les typhons, les cyclones, les tsunamis et les volcans.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Pour une souverainet\u00e9 alimentaire mondiale<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame esprit et avant de voir comment les Africains peuvent se prendre en main et r\u00e9ussir ce grand virage pour une s\u00e9curit\u00e9 alimentaire efficiente et durable, arr\u00eatons-nous un instant sur le sens m\u00eame de la souverainet\u00e9 alimentaire. Le terme \u00abs\u00e9curit\u00e9 alimentaire\u00bb est d\u00e9fini, par tous les sp\u00e9cialistes, comme l&#8217;acc\u00e8s physique, social et \u00e9conomique de tous et \u00e0 tout moment \u00e0 une nourriture \u00e0 m\u00eame de satisfaire leurs besoins \u00e9nerg\u00e9tiques et leurs pr\u00e9f\u00e9rences alimentaires pour mener une vie saine et active. Cette s\u00e9curit\u00e9 est ax\u00e9e sur quatre points nodaux&nbsp;: la disponibilit\u00e9 alimentaire, l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 la nourriture, l&#8217;utilisation de la nourriture et la stabilit\u00e9 de la disponibilit\u00e9 alimentaire et de l\u2019acc\u00e8s aux aliments. Par contre, l&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, quant \u00e0 elle, est d\u00e9finie comme un manque d&#8217;acc\u00e8s \u00e0 une nourriture suffisante \u00e0 m\u00eame de r\u00e9pondre aux besoins journaliers des populations. Dans ce sens, il faut savoir qu\u2019aujourd\u2019hui, partout en Afrique, l&#8217;agriculture est gravement frapp\u00e9e par les changements climatiques. Une pr\u00e9cision de taille&nbsp;: dans la majorit\u00e9 des pays d&#8217;Afrique subsaharienne, le rendement des cultures peut diminuer de 10% \u00e0 20% d\u2019ici \u00e0 2050 \u00e0 cause du r\u00e9chauffement climatique, du stress hydrique et de la mauvaise gestion des eaux et des ressources naturelles du continent. Pour \u00eatre pr\u00e9cis, prenons, \u00e0 titre d\u2019exemple le cas du bl\u00e9, ce rendement moyen pourrait baisser d\u2019ici \u00e0 2050 de 17%, celui du ma\u00efs de 5%, celui du sorgho de 15% et celui du millet de 10%. Pourtant, le secteur agricole emploie entre 65% et 70% de la main-d&#8217;\u0153uvre africaine et repr\u00e9sente entre 30% et 40% du PIB de chaque pays. Ces r\u00e9alit\u00e9s ont feront l\u2019objet de la grande conf\u00e9rence sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, pr\u00e9sid\u00e9e par le Ministre de l\u2019Agriculture, de la P\u00eache maritime, du D\u00e9veloppement rural et des Eaux et For\u00eats, Mohamed Sadiki, avec pour Secr\u00e9taire de la session Dr Rania Mamdouh (\u00c9gypte) et pour mod\u00e9rateurs, Dr Hicham Skalli Lami (\u00c9tats-Unis) et Dr Enrique Terran (\u00c9quateur). Le d\u00e9bat sur la cruciale question de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire est confi\u00e9 \u00e0 des experts mondiaux tels que Roumadi Ahmed (Indon\u00e9sie), Idrissa Ba (S\u00e9n\u00e9gal), Ataoulaye Bah, (Mali), Rady Hammad (\u00c9gypte), Jennifer Nailes (Philippines), Mahbub Maafi (Indon\u00e9sie), Koleka Molisana (Afrique du Sud), Amit Kumar Singh (Zambie), Abdoulaye Bousso (S\u00e9n\u00e9gal), Lungi Nyathi (Afrique du Sud) avec des intervenants tels que Nabil Abouchoaib (Maroc), Zuzana Schwidrovski (R\u00e9publique Tch\u00e8que), Cofie Olufunke (Gahna), Bousmina Mustapha (Maroc), C\u00e9sar Bernstein (Argentine, Fernando Spilki, (Br\u00e9sil), Eyal Leshem (Isra\u00ebl), Randal Rodriguez (Costa-Rica), Yusuf Kamal Mirza (Pakistan), Azzi Abdelghani (Maroc) ainsi que d\u2019autres chercheurs et sp\u00e9cialistes qui vont d\u00e9cortiquer l\u2019\u00e9pineuse et urgente probl\u00e9matique de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire dans un monde o\u00f9 des milliards d\u2019\u00eatres humaines souffrent de famine et de pr\u00e9carit\u00e9 \u00e0 tous les niveaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre conf\u00e9rence tout aussi cruciale sera celle consacr\u00e9e \u00e0 la s\u00e9cheresse, au stress hydrique et \u00e0 la gestion des ressources hydriques en Afrique, en Asie, en Am\u00e9rique Latine, au Moyen-Orient et dans le monde aujourd\u2019hui. Un monde qui doit mobiliser les moyens pour lutter contre les terribles et profonds effets des changements climatiques. Ce panel sur l\u2019eau sera anim\u00e9 sous la pr\u00e9sidence de Nizar Baraka, Ministre de l\u2019\u00c9quipement et de l\u2019Eau, avec pour Secr\u00e9taire de la session Marie Claire Makuza (Zambie) et comme mod\u00e9rateur Dr Delon Human (Afrique du Sud), avec la participation de figures telles que Marl\u00e8ne Amedome (Sierra Leone), Mainan Innocent (Tchad), Godfrey Pratt (\u00c9tats-Unis), Amadou Niass (S\u00e9n\u00e9gal), Aishatu Aboubakar (Nigeria), Ronald Mhizha (Zimbabwe), Dilip Singh Rathore (Inde), Fatima-Zahra Lahlou (Maroc), Aloyce Urassa (Tanzanie), Ahmad Gharib (\u00c9gypte), Millicent Hlatswayo (Afrique du Sud), ainsi que Abdenebbi El Mandour, du Mus\u00e9e Mohammed VI de l\u2019Eau, Tarik Hassan, repr\u00e9sentant de l\u2019UNESCO, Ricardo Izurieta (\u00c9quateur), Jean-Claude Bakema (R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo), Pedro legua (P\u00e9rou), Katherine Vammen (Nicaragua), Rogelio Varela (Philippines), Alexei Peter Dos Santos (Br\u00e9sil), Tchari Koli Maloum (Tchad) et d\u2019autres scientifiques et chercheurs qui ont montr\u00e9 \u00e0 quel point le r\u00e9chauffement climatique a chang\u00e9 le visage du monde et a profond\u00e9ment boulevers\u00e9 les g\u00e9ographies mondiales, avec la rar\u00e9faction des fleuves, des rivi\u00e8res, des lacs et des points d\u2019eau. Tout cela occasionne des s\u00e9cheresses durables et de plus en plus meurtri\u00e8res ainsi que des probl\u00e8mes li\u00e9s aux r\u00e9fugi\u00e9s de l\u2019eau qui migrent vers des r\u00e9gions moins dures et plus cl\u00e9mentes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>L\u2019Afrique : un potentiel \u00e9norme<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9alit\u00e9 et tous les risques qui menacent le continent sont en grand d\u00e9calage avec le potentiel de l\u2019Afrique pour assurer sa s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. D\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es de la Commission \u00e9conomiques des Nations unies pour l\u2019Afrique, le continent est riche. Il est m\u00eame tr\u00e8s riche et peut assurer son ind\u00e9pendance \u00e9conomique dans tous les secteurs. L\u2019Afrique peut m\u00eame exporter et devenir la plaque tournante des capitaux pour les trente prochaines ann\u00e9es. Un tour d\u2019horizon des richesses de l\u2019Afrique nous donne une vision claire des dysfonctionnements qui impactent n\u00e9gativement tous types de d\u00e9veloppement dans le continent. L\u2019Afrique poss\u00e8de 54% des r\u00e9serves mondiales de platine, 78% de diamant, 40% de chrome, 28% de mangan\u00e8se.19 pays d\u2019Afrique poss\u00e8dent d\u2019importantes r\u00e9serves d\u2019hydrocarbures, de p\u00e9trole, de gaz, de charbon et diff\u00e9rents min\u00e9raux. Sans oublier 90% des r\u00e9serves mondiales de Cobalt, le minerai le plus important aujourd\u2019hui pour toutes les industries du futur. Sans oublier l\u2019or, avec le Ghana, qui a d\u00e9pass\u00e9 l&#8217;Afrique du Sud en tant que premier producteur d&#8217;or du continent. En 2019, le pays a produit plus de 142,4 tonnes d&#8217;or. L&#8217;Afrique du Sud reste un acteur majeur, avec une production de 118,2 tonnes d&#8217;or en 2019. Le Soudan, le troisi\u00e8me plus grand pays d&#8217;Afrique par sa superficie, a produit plus de 76,6 tonnes d&#8217;or en 2019. Le Mali, pays d&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest, a connu une augmentation significative de sa production d&#8217;or, passant de 61,2 tonnes en 2018 \u00e0 plus de 71 tonnes en 2019. Et le Burkina Faso, avec une production de 62 tonnes d&#8217;or en 2019, compl\u00e8te la liste des cinq principaux producteurs d&#8217;or en Afrique. Nous pouvons au vu de ces chiffres faire le lien entre les conflits dans ces pays et les diff\u00e9rents coups d\u2019\u00c9tat qui y sont survenus, sur fond de grandes richesses en ressources naturelles, convoit\u00e9es par les grandes puissances, qui freinent le d\u00e9veloppement du continent et continuent d\u2019exploiter ses richesses en l\u2019appauvrissant davantage. D\u2019ailleurs l\u2019or \u00e9tait le premier produit export\u00e9 en valeur de 16 pays en 2020, soit environ 30% des nations africaines. Hormis l&#8217;or, le sous-sol du continent regorge aussi de divers m\u00e9taux de premi\u00e8re importance, comme le fer, le cuivre, l\u2019aluminium\u2026 \u00c0 l&#8217;\u00e9chelle mondiale, on estime que l&#8217;Afrique repr\u00e9sente 40% des r\u00e9serves d&#8217;or, 30% des r\u00e9serves de minerais et 12% des r\u00e9serves de p\u00e9trole. L\u2019Afrique poss\u00e8de \u00e0 elle seule plus de 60 types de minerais diff\u00e9rents, totalisant ainsi un tiers des r\u00e9serves min\u00e9rales mondiales, tous minerais confondus. A titre d\u2019exemple, elle est dot\u00e9e de 90% des r\u00e9serves de platino\u00efdes, 80% de coltan; 60% de cobalt et 70% de tantale.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ceci s\u2019ajoute \u00e0 la guerre d\u2019influence qui se joue en Afrique autour des terres rares. Cette guerre est ouverte entre la Chine, la Russie et les \u00c9tats-Unis. Et c\u2019est dans ce sens que la Maison-Blanche multiplie les mains tendues aux pays africains afin de d\u00e9velopper des relations bilat\u00e9rales autour de l\u2019extraction et du raffinage des minerais strat\u00e9giques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Ressources \u00e9nerg\u00e9tiques colossales<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le continent africain regorge de sources \u00e9nerg\u00e9tiques tr\u00e8s vari\u00e9es, r\u00e9parties dans des zones distinctes : abondance d\u2019\u00e9nergies fossiles (gaz en Afrique du nord, p\u00e9trole dans le Golfe de Guin\u00e9e et charbon en Afrique australe), bassins hydrauliques en Afrique centrale, gisement uranium ; rayonnement solaire dans les pays sah\u00e9liens ; et capacit\u00e9s g\u00e9othermiques en Afrique de l\u2019est. \u00c0 un autre niveau, le continent compte 24 % des terres arables mondiales, alors qu\u2019elle ne g\u00e9n\u00e8re que 9% de la production agricole. La population africaine \u00e9quivaut \u00e0 environ 17% de la population mondiale, mais ne consomme que 4 pour cent de l\u2019\u00e9nergie produite. Pourtant, le nouveau rapport de la Banque Mondiale r\u00e9v\u00e8le que les pays africains n&#8217;engrangent en moyenne que 40% environ des recettes qu&#8217;ils pourraient potentiellement tirer de leurs ressources naturelles. Si ces richesses sont un argument en faveur du d\u00e9veloppement du continent, elles ne profitent encore pas assez aux populations et de nombreuses \u00e9conomies africaines peinent \u00e0 les convertir en d\u00e9veloppement \u00e9conomique stable. Deux principales raisons expliquent cette situation d\u00e9crite comme une \u00abmal\u00e9diction des mati\u00e8res premi\u00e8res en Afrique\u00bb par les \u00e9conomistes. D&#8217;abord, la volatilit\u00e9 des prix des mati\u00e8res premi\u00e8res, qui a un impact majeur sur le PIB des pays exportateurs. Puis le fait que ces ressources et la manne financi\u00e8re qu&#8217;elles g\u00e9n\u00e8rent entra\u00eenent d&#8217;importants probl\u00e8mes de gouvernance et de corruption, impliquant \u00e0 la fois les gouvernements locaux, mais aussi des multinationales ou des puissances \u00e9trang\u00e8res. Dans ce sens, l&#8217;enjeu pour la plupart des pays d&#8217;Afrique est donc de pouvoir transformer ces mati\u00e8res premi\u00e8res en source de croissance et, dans un second temps, de se diversifier \u00e9conomiquement pour moins d\u00e9pendre de ces m\u00eames ressources.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont l\u00e0 les diff\u00e9rentes axes qui seront trait\u00e9s par plus de 300 experts internationaux qui se sont donn\u00e9s rendez-vous \u00e0 Marrakech, pour mettre sur pied des programmes communs de lutte contre les d\u00e9r\u00e8glements climatiques, contre le stresse hydrique, contre l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, avec des programmes efficients pour une gestion optimale des catastrophes comme l\u2019a d\u00e9montr\u00e9 le Maroc, qui a pris \u00e0 bras le corps les cons\u00e9quences du s\u00e9isme d\u00e9vastateur qui frapp\u00e9 la r\u00e9gion d\u2019El Haouz montrant ainsi l\u2019exemple et se positionnant comme un pays d\u2019expertise fiable qui peut f\u00e9d\u00e9rer autour de sa vision et de ses strat\u00e9gies tous les partenaires mondiaux, ainsi qu\u2019on le voit lors de cette deuxi\u00e8me Conf\u00e9rence. Un \u00e9v\u00e9nement qui, il faut le dire, n\u2019est plus seulement africain, mais d\u00e9sormais mondial, puisqu\u2019il r\u00e9unit plus de 80 pays de tous les continents dans ce qui restera dans les annales comme la premi\u00e8re conf\u00e9rence Sud-Sud sur la r\u00e9duction des risques dans le monde. D\u2019ailleurs, le rendez-vous est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 pris pour 2024, dans un grand conclave autour de questions aussi urgentes que la sant\u00e9, cheval de batailles de toutes les grandes nations, mais \u00e9galement l\u2019\u00e9ducation et le partage des expertises mondiales dans des domaines comme le climat, l\u2019\u00e9cologie et la protection des populations.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>ABDELHAK NAJIB<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sous le haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, Marrakech abrite du 26 au 29 septembre courant les travaux de la deuxi\u00e8me conf\u00e9rence africaine sur la r\u00e9duction des risques dans sa premi\u00e8re \u00e9dition Sud-Sud, avec la pr\u00e9sence de 83 pays d\u2019Afrique, du Moyen-Orient, d\u2019Asie, d\u2019Am\u00e9rique Latine et d\u2019Oc\u00e9anie, sans oublier plusieurs pays europ\u00e9ens ainsi &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":25032,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1152],"tags":[],"class_list":["post-25031","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-reportage"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/25031","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=25031"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/25031\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":25033,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/25031\/revisions\/25033"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/25032"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=25031"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=25031"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/letempsmag.ma\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=25031"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}