{"id":23403,"date":"2023-06-10T14:42:47","date_gmt":"2023-06-10T13:42:47","guid":{"rendered":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=23403"},"modified":"2023-06-10T14:42:48","modified_gmt":"2023-06-10T13:42:48","slug":"le-cinema-marocain-est-il-grandi-par-le-bleu-du-caftan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letempsmag.ma\/?p=23403","title":{"rendered":"Le cin\u00e9ma marocain est-il grandi par \u00abLe Bleu du Caftan ?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Par HASSAN EL ARCH<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Directeur de la R\u00e9daction<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"mailto:direction@letempsmag.ma\" target=\"_blank\"><strong>direction@letempsmag.ma<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Comme plusieurs centaines de spectateurs, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 faire la queue, mardi dernier au M\u00e9garama Casablanca, pour l\u2019avant-premi\u00e8re du film \u00abLe Bleu du Caftan\u00bb. C\u2019est le dernier trip de Nabil Ayouch. Commis en 2022, mais en campagne en 2023 au Maroc. Primeur de l\u2019\u00e9tranger oblige&#8230; Mon impression \u00e0 chaud, puis largement \u00e0 froid ? Une \u00abhachouma\u00bb monumentale !<\/p>\n\n\n\n<p>Nabil Ayouch est coutumier du fait. Tous les trois ou quatre ans, son subconscient lui susurre de faire une \u00absortie\u00bb contre la part marocaine de son \u00eatre. Cette demi-marocanit\u00e9 est un bug identitaire qui lui fait mal, on le comprend, le fait souffrir et lui voile la vision qu\u2019il porte sur ses racines. Alors, il tente de l\u2019expurger de son r\u00e9f\u00e9rentiel anti-marocain \u00e0 coup de films tout aussi anti-marocains. Il n\u2019y a pas d\u2019autres mots quand on a vu ce \u00abBleu du Caftan\u00bb, \u00abHaut et fort\u00bb (2021), \u00abRazzia\u00bb (2017), \u00abMuch Loved\u00bb (2015), \u00abLes chevaux de Dieu\u00bb (2012) ou m\u00eame \u00abAli Zaoua\u00bb (2000). La moiti\u00e9 de sa filmographie est consacr\u00e9e \u00e0 un seul et unique objectif : \u00abd\u00e9zinguer\u00bb les valeurs marocaines et la soci\u00e9t\u00e9 qui s\u2019en nourrit. Quand il ne met pas lui-m\u00eame en sc\u00e8ne, Nabil Ayouch \u00absous-traite\u00bb la r\u00e9alisation ou le sc\u00e9nario aupr\u00e8s de Maryam Touzani, sa femme cin\u00e9aste au long cours, r\u00e9alisatrice du film \u00abLe Bleu du Caftan\u00bb. Invariablement, ses films crachent sur ce que la moiti\u00e9 des Marocains respecte, l\u2019autre moiti\u00e9 ayant un regard mitig\u00e9 entre d\u00e9fiance et indiff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce film immonde a, semble-t-il, rafl\u00e9 37 Prix internationaux. C\u2019est ce qu\u2019a d\u00e9clar\u00e9 Nabil Ayouch himself lors de l\u2019avant-premi\u00e8re, mardi dernier. Faut-il pr\u00e9ciser que ces Prix n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9s parce que \u00abLe Bleu du Caftan\u00bb cr\u00e8ve l\u2019\u00e9cran, artistiquement ou techniquement parlant ? Non. Le film est d\u2019un ennui mortel. Deux heures totalement soporifiques. Une m\u00e9diocrit\u00e9 textuelle de la premi\u00e8re \u00e0 la derni\u00e8re minute dans les dialogues. Des gros plans improbables. Une \u00ab\u0153uvre\u00bb qui aurait amplement tenu dans la moiti\u00e9 de la pellicule ! Non, le film a rafl\u00e9 ses Prix en r\u00e9compense de la gadoue jet\u00e9e sur les valeurs de la soci\u00e9t\u00e9 marocaine. Certaines s\u00e9quences suscitent le d\u00e9go\u00fbt. La cam\u00e9ra insiste sur des sc\u00e8nes bien cadr\u00e9es au hammam des hommes et l\u2019on d\u00e9couvre une \u00abr\u00e9alit\u00e9\u00bb nabilo-ayouchienne : au Maroc, les hammams sont dot\u00e9s de cabines individuelles ouvertes aux hommes qui souhaitent forniquer en toute tranquillit\u00e9. Au su de tout le monde\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes, nous aussi, coutumiers du fait : l\u2019Occident aime regarder d\u2019en haut les soci\u00e9t\u00e9s arabes et musulmanes. Sa posture est au confluent de la condescendance et du m\u00e9pris. La plupart des festivals et des Fondations \u0153uvrant dans le 7\u00e8me Art distribuent des bons points aux cin\u00e9astes qui tirent \u00e0 boulets rouges sur l\u2019arabit\u00e9 et l\u2019islam. Pour \u00e9marger aux palmar\u00e8s de ces faiseurs de stars, il faut descendre les mod\u00e8les sociaux et culturels du Maroc, de la Tunisie, d\u2019\u00c9gypte, d\u2019Arabie Saoudite, des \u00c9mirats Arabes Unis, d\u2019Irak, de Palestine ou de Turquie. \u00c9videmment, la \u00abprime\u00bb est d\u2019autant plus m\u00e9diatis\u00e9e que le metteur en sc\u00e8ne, le producteur ou le sc\u00e9nariste portent la nationalit\u00e9 de ces pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cin\u00e9ma marocain est-il grandi par le travail de Nabil Ayouch ? On se pose la question en pensant, par exemple, \u00e0 Nour-Eddine Lakhmari, Farida Benlyazid, Faouzi Bensa\u00efdi, Narjiss Nejjar, Ahmed Boulane ou encore Hakim Noury\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par HASSAN EL ARCH Directeur de la R\u00e9daction direction@letempsmag.ma Comme plusieurs centaines de spectateurs, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 faire la queue, mardi dernier au M\u00e9garama Casablanca, pour l\u2019avant-premi\u00e8re du film \u00abLe Bleu du Caftan\u00bb. C\u2019est le dernier trip de Nabil Ayouch. Commis en 2022, mais en campagne en 2023 au Maroc. 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