A LA LOUPE

Le Maroc va développer sa propre industrie militaire

Le Maroc veut développer sa propre industrie militaire pour réduire, à la fois, sa dépendance vis-à-vis de l’étranger et le poids de la facture. Des sources officielles ont confirmé récemment la nouvelle, annonçant en même temps que certains pays sont disposés à épauler le Maroc dans ce projet.

Par
Abdelali Darif Alaoui

Petit
flash-back. En octobre 2015, une étude réalisée par la société américaine « Frost
and Sullivan » avait estimé que le Maroc, avec la Colombie, le Koweït, la
Malaisie et Singapour, est considéré comme l’un des pays où l’industrie de
défense émergera au cours de la prochaine décennie. L’étude avait souligné que « contrairement
aux principales économies émergentes comme l’Inde, la Corée du Sud, la Turquie,
les Émirats arabes unis et le Brésil, les cinq pays en question tentent de
développer une base industrielle locale et de diminuer le recours à
l’équipement étranger »
. L’étude avait prédit que les dépenses
militaires du Maroc croîtraient de 3,6% sur dix ans. Une tendance qui se
confirme aujourd’hui, le Maroc s’apprêtant à mettre en place une usine de
fabrication et d’entretien d’armement. Ce n’est pas une coïncidence si le
Royaume a commencé à acquérir des brevets d’invention et demandé à ses
fournisseurs de créer des sociétés mixtes de matériel militaire tout en assurant
le transfert de technologies. Et pour cause : de tels projets permettront
au pays de réduire substantiellement la lourde facture d’achat d’armes et
d’équipements militaires à l’étranger.

Les
Forces Armées Royales en pointe

Cette
année, le budget dédié à l’acquisition d’armement est de l’ordre de 39,3
milliards de DH contre 35,8 milliards au titre de 2018, soit une croissance de
10%. Partant de ce constat, le Maroc entend développer la fabrication et
l’entretien de matériel militaire, souligne un rapport de la Commission des
Affaires étrangères et de la Défense nationale. Abdellatif Loudiyi, Ministre
délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, a déclaré à cet
égard que « d’ores et déjà, le Royaume veut exiger de tout fournisseur
d’armement un engagement de transfert de technologies de fabrication de
matériel militaire et d’équipements aux Forces Armées Royales »
. Il a
par ailleurs précisé que ces fournisseurs « auront pour obligation de
créer des sociétés d’armement au Maroc ou d’investir dans d’autres domaines »
.
Selon la même source, le Royaume a signé des accords pour acheter des brevets
relatifs à des armes de défense auprès d’entreprises européennes, russes,
chinoises et indiennes. Certains pays comme l’Espagne, le Royaume-Uni et le
Brésil ont manifesté officiellement leur volonté d’implanter une base d’industrie
militaire de défense dans le Royaume. Il convient de rappeler, dans ce
contexte, que le Maroc et le Brésil ont signé, l’été dernier, un accord de
transfert de technologie dans ce sens. La volonté du gouvernement de développer
une industrie militaire s’inscrit dans le sillage de l’orientation donnée par
S.M. le Roi Mohammed VI, lors de célébration du 63ème anniversaire
de la création des Forces Armées Royales. Le Souverain avait, en effet, appelé
à passer à l’étape d’industrialisation militaire, de recherche scientifique et
d’auto-développement des industries militaires.

Notre
confrère « Al Ahdath Al Maghribia » rapporte que le Royaume a déjà
pris les devants, il y a quelques années, en se lançant dans la fabrication de
munitions et de certains armements tout en créant des bases de maintenance de
matériels militaires. Le fait que les dépenses dédiées à la défense nationale représenteront
en 2020 environ 4,5% du PIB est un indicateur extrêmement important. Selon le
site russe « Sputnik », le budget 2020 des Forces Armées Royales
pourrait atteindre plus de 42,5 milliards de DH, soit une augmentation de 29%.
Le site ajoute que « le ministère de la Défense nationale est autorisé
en cas de besoin à puiser dans le fonds d’engagement par anticipation pour les
dépenses d’acquisitions prévues dès 2021. Il est doté de 10,35 milliards
d’euros »
. Ce budget devrait servir à l’achat de 24 hélicoptères « Apache »,
12 hélicoptères de transport léger, 24 hélicoptères de transport tactique, un
avion de guerre électronique, une batterie de missiles « Patriot Pac3 »
américains et 25 avions « F16 ». Il devrait permettre aussi de
renforcer la flotte de patrouilleurs et la chaîne de radars de la Marine Royale.

admin Administrator
Sorry! The Author has not filled his profile.
×
admin Administrator
Sorry! The Author has not filled his profile.

Comment here